Obama a décidé de frapper mais attend le feu vert du Congrès

Par AFP, publié le
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Le président américain Barack Obama s'exprime le 28 août 2013 à Washington [Jewel Samad / ]
Le président américain Barack Obama s'exprime le 28 août 2013 à Washington [Jewel Samad / ]

Barack Obama a déclaré samedi qu'il avait pris la décision de principe de frappes contre le régime syrien mais demandé au Congrès de donner son feu vert à une telle opération, éloignant la perspective d'une intervention américaine à court terme.

"J'ai décidé que les Etats-Unis devraient agir militairement contre des cibles du régime syrien" pour le punir d'avoir utilisé ses armes chimiques contre des civils, a affirmé le président américain dans une intervention solennelle depuis la Maison Blanche.

"Nous sommes prêts à frapper quand nous le choisirons (...), je suis prêt à donner cet ordre", a continué Barack Obama, évoquant une intervention sans troupes au sol, "limitée dans le temps et dans son ampleur".

Mais "je vais demander l'autorisation des représentants des Américains au Congrès pour un usage de la force", a ajouté M. Obama, en exhortant les élus à soutenir cette demande au nom de la "sécurité nationale" des Etats-Unis.

"Je crois depuis longtemps que notre puissance réside non pas seulement dans notre puissance militaire, mais aussi dans l'exemple que nous représentons d'un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple", a-t-il lancé.

Le Congrès est en vacances jusqu'au 9 septembre, ce qui éloigne la perspective d'une action militaire américaine imminente contre le régime de Bachar al-Assad.

M. Obama a précisé qu'il s'était entretenu avec les chefs de file parlementaires des deux chambres du Congrès et que ces derniers étaient "d'accord pour mettre un débat et un vote à l'ordre du jour dès que le Congrès aura recommencé à siéger". Les responsables républicains de la Chambre des représentants ont indiqué dans la foulée que le débat sur la Syrie démarrerait la semaine du 9 septembre.

Barack Obama et Joe Biden dans la Roseraie de la Maison Blanche lors d'une conférence de presse sur la Syrie le 31 août 2013 [Nicholas Kamm / AFP]
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Barack Obama et Joe Biden dans la Roseraie de la Maison Blanche lors d'une conférence de presse sur la Syrie le 31 août 2013
 

Les républicains, qui contrôlent la Chambre des représentants, sont partagés entre les partisans d'une intervention, comme le sénateur John McCain, et ceux qui réclament d'abord du président l'élaboration d'une stratégie de long terme pour éviter un embourbement. Côté démocrates, qui ont la majorité au Sénat, beaucoup soutiennent l'administration, mais le projet de frappes ne fait pas l'unanimité.

"Au cours des prochains jours, mon administration sera prête à fournir à tous les élus les informations dont ils ont besoin pour comprendre ce qui s'est passé en Syrie et en quoi cela a des conséquences si importantes pour la sécurité nationale américaine", a ajouté le président américain.

"Même si j'ai le pouvoir de lancer cette action militaire sans autorisation spécifique du Congrès, je sais que notre pays sera plus fort si nous suivons cette voie et que nos actes seront ainsi plus efficaces", a jugé M. Obama.

Revenant sur l'attaque chimique du 21 août attribuée par Washington au régime syrien, il a évoqué "la pire attaque chimique perpétrée au XXIe siècle", "une atteinte à la dignité humaine (qui) représente aussi un vrai danger pour notre sécurité nationale".

"Voilà la question que je pose à tous les membres du Congrès et à tous les membres de la communauté internationale", a poursuivi le président, dénonçant la "paralysie" du Conseil de sécurité de l'ONU: "Quel message envoyons-nous si un dictateur peut gazer et tuer des centaines d'enfants au vu et au su de tous et ne pas en payer le prix?".

"Nous sommes las de la guerre, je le sais (...). Mais nous sommes les Etats-Unis d'Amérique. Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas faire semblant d'ignorer ce qui est arrivé à Damas", a encore déclaré Barack Obama.

"Je suis prêt à agir face à ces actes scandaleux. Et je demande aujourd'hui au Congrès d'envoyer au monde un message pour lui montrer que nous sommes prêts à aller de l'avant dans l'unité comme une seule nation", a-t-il conclu.