Florence Cassez de retour en France

Par AFP, publié le
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Florence Cassez à son retour à Paris.
Florence Cassez à son retour à Paris.[AFP]

Libre après sept ans de prison, Florence Cassez est arrivée en France peu après 13H30, attendue à l'aéroport de Roissy par sa famille et de très nombreux médias, au lendemain de sa libération décidée par la Cour suprême mexicaine.

 

Infographie : l'affaire Cassez

L'avion transportant la Française s'est posé à la mi-journée et la jeune femme de 38 ans devait quitter l'appareil à l'écart des autres passagers, par un petit escalier l'amenant directement sur le tarmac de Roissy recouvert d'un tapis rouge.

Florence Cassez a fait le voyage aux côtés de son père, Bernard Cassez, qui l'accompagne depuis qu'elle a quitté, mercredi soir, sous escorte de la police, la prison pour femmes de Tepepan, au sud de Mexico. Le président François Hollande la recevra à l'Elysée vendredi.

 

"Je cherche du travail !"

Plusieurs dizaines de minutes après son arrivée en France, la Française s'est exprimée face à de nombreux journalistes lors d'une conférence de presse. "Je me trouve très sereine, je vous remercie, vive la France! (...) J'ai résisté à l'injustice (...). J'ai souffert en tant que victime pendant plus de sept ans", a-t-elle déclaré avant d'ajouter en souriant qu'elle cherchait désormais "du travail".

"J'ai souffert en tant que victime pendant plus de sept ans", a confié Florence Cassez. L'ancienne prisonnière a rendu hommage à l'ancien président français Nicolas Sarkozy qui lui "a sauvé la vie" lorsqu'il s'est saisi du dossier en 2011.

Peu avant, interrogée par BFMTV, ses tous premiers mots avaient été: "Bonjour la France, je suis contente d'être ici".

 

Les protagonistes de l'affaire Cassez

Questionnée sur ses projets immédiats, elle avait répondu: "Profiter des miens, vivre". "Libre je l'ai toujours été dans ma tête", avait-t-elle ajouté, affirmant qu'elle estimait "avoir été innocentée" par la Cour suprême du Mexique, qui l'a libérée en raison de la violation de ses droits fondamentaux sans se prononcer explicitement sur son innocence.

A la question de savoir dans quel état d'esprit elle se trouvait avant la décision de la Cour suprême mercredi, Florence Cassez a expliqué qu'elle avait "toujours de l'espoir, toujours de la force", mais également "de la crainte". "Donc j'étais prête à tous les schémas".

Sa sortie est intervenue aussitôt après la décision de la Cour Suprême du Mexique de mettre fin à son incarcération. Cette remise en liberté a été ordonnée en raison de la violation de ses droits fondamentaux dans la procédure qui l'avait condamnée à 60 ans de prison pour enlèvements mais sans qu'elle ait été innocentée, comme elle l'avait réclamé.

Florence Cassez, yeux clairs et volumineuse chevelure rousse, est attendue sur le tarmac par sa famille, par le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius et le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, ex-élu du nord de la France où réside la famille Cassez.

Photo
ci-dessus
Le convoi emmenant Florence Cassez sort de la prison de Tepepan à Mexico, le 23 janvier 2013 après la libération de la Française par la Cour suprême
 

Au pavillon de réception de l'aéroport, où elle doit tenir une conférence de presse, s'est massée une foule de journalistes.

Le président François Hollande avait dès mercredi "salué" la libération de la jeune femme emprisonnée depuis 2005, en évoquant la fin d'une "période particulièrement douloureuse". Le Président de la République recevra Florence Cassez et sa famille à l'Elysée vendredi à 19H00

L'ancien président Nicolas Sarkozy, "très ému et très heureux" de sa libération, la verra également "très, très vite, de façon privée, mais pas à l'aéroport", a affirmé son entourage. La mère de Florence Cassez avait indiqué que la jeune femme "avait demandé à Nicolas Sarkozy d'être présent à son arrivée à Paris".

 

Un début de polémique

Refusant d'alimenter un début de polémique comparant les "méthodes" de MM. Hollande et Sarkozy, Charlotte Cassez, la mère de Florence, a salué l'action de chacun d'eux.

L'ancien ministre Claude Guéant (UMP) a qualifié de "basse politique politicienne" ces comparaisons, qu'il a attribuées à "certains à l'Elysée, disant que c'est le triomphe d'une méthode par rapport à une autre". Le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, a vanté "la méthode" en "discrétion" de François Hollande.

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, est resté en retrait, saluant le "combat" mené par Nicolas Sarkozy, "et puis bien sûr ensuite par François Hollande",

Pour Mme Cassez, les choses sont "moins compliquées, surtout parce que Felipe Calderon a quitté la présidence du Mexique, forcément ça détend l'atmosphère".

 

"Elle a gagné sa liberté"

L'affaire Cassez avait provoqué en 2011 une crise diplomatique entre Paris et Mexico ayant entraîné l'annulation par le gouvernement mexicain de l'année du Mexique en France, après la décision de Nicolas Sarkozy de dédier cet événement à la Française.

 
 

"Ma fille s'est battue, elle a gagné sa liberté", a déclaré mercredi soir Charlotte Cassez dans une brasserie parisienne où s'était retrouvé le comité de soutien. Valérie Trierweiler, compagne du président de la République, était à ses côtés à l'annonce de la libération. Florence Cassez a reçu le soutien de nombreuses personnalités, comme les acteurs Alain Delon et Marion Cotillard.

Décrite comme une femme de "caractère" par une ancienne collègue, la jeune femme a des attaches dans le nord de la France: elle a été responsable d'un magasin à Calais (Pas-de-Calais) et ses parents résident à Dunkerque (Nord).

Arrivée au Mexique à l'âge de 29 ans, Florence Cassez avait été arrêtée le 8 décembre 2005, en compagnie de son fiancé, Israel Vallarta, soupçonné de diriger un groupe accusé d'une dizaine d'enlèvements et de meurtre. Le lendemain, un montage télévisé organisé par la police avait fait d'elle, aux yeux des téléspectateurs mexicains, "Florence la diabolique".

Au terme de plusieurs audiences en première instance puis en appel, elle avait été condamnée en 2009 à 60 ans de prison.

Florence Cassez, qui s'est notamment consacrée à la peinture en prison, avait confié à l'AFP se sentir comme "une souris de laboratoire dans un labyrinthe sans issue. La seule sortie possible, c'est maintenant par le haut. Une main qui viendrait me sortir de là, la main de la vérité".

 

 

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