Qui est Jean-Michel Gentil, le juge qui a mis en examen Nicolas Sarkozy ?

Par Direct Matin, publié le
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Jean-Michel Gentil, le 19 février à Bordeaux.
Jean-Michel Gentil, le 19 février à Bordeaux. [PATRICK BERNARD / AFP]

Le juge d’instruction Jean-Michel Gentil, l’homme à l’origine de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, cultive un certain mystère. Les détails sur sa personnalité circulent au compte-gouttes. Portrait d’un homme complexe que le dossier Bettencourt a révélé au grand public.

On dit de lui qu’il est inflexible et rigoureux dans son travail. "Caractériellement difficile, assez rigide, avec un côté vieille administration française, mais excellent juge et très bon connaisseur de la procédure pénale", résumait un ténor du barreau de Bordeaux à Paris-Match en 2012.On dit aussi que depuis 1998, il n’autorise plus aucun photographe à prendre un cliché de lui. Vérification faite, quelques photos de lui pris ont tout de même pu être prises en février dernier. Son bureau, au sous-sol  du tribunal de grande instance de Bordeaux est équipé de portes blindées. Les rideaux sont tirés en permanence. "On ne le voit pas à la cafétéria. Quand il sort de son bureau, c’est pour aller dans celui de sa femme, elle aussi magistrate", confiait récemment un fonctionnaire à Sud-Ouest.

Né en 1960 à Saumur d’un père garagiste, il est diplômé de Sciences-Po Bordeaux. Gentil intègre l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) où il se classe 42e sur 243 de sa promotion. Il décide alors de faire de l’instruction sa spécialité.

Jean-Michel Gentil impose son style dès 1990 lorsqu’il démantèle un vaste réseau de proxénétisme impliquant des policiers. Le ton est donné, l’homme se forge une image d’incorruptible. Une dizaine d’années plus tard, il met en examen Antoine Sollacaro, l’avocat corse assassiné en octobre 2012, pour "violation du secret de l'instruction".

C’est en décembre 2010 lorsque l’affaire Bettencourt est transférée de Nanterre à Bordeaux, qu’il récupère ce dossier. Encore une fois, Gentil imprime sa marque. En octobre 2011, il fait accepter à Liliane Bettencourt de passer une expertise médicale. Le neurologue Bruno Daunizeau juge alors l’héritière de L’Oréal « incapable de répondre aux différentes questions des tests ». Naît alors dans son esprit le soupçon d'"abus de faiblesse".

Dans son bureau, les auditions se succèdent, les protagonistes de l’affaire Bettencourt défilent. François-Marie Banier passe deux nuits en prison avant d’être auditionné en décembre 2011 par Gentil. Une simple convocation aurait permis à l’ancien photographe de Liliane Bettencourt d’éviter de passer par la case prison. Même le procureur Philippe Courroye qui dirigeait avant lui l’enquête, n’échappe pas non plus à la méthode Gentil. Ce proche de Sarkozy, a été sommé de s’expliquer en octobre 2012 sur ses multiples rendez-vous avec l’ancien président de la République. 

La mise en examen de l'ancien locataire de l'Elysée lui permettra t-elle de préserver cette discrétion sur laquelle il veille farouchement ?

 

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