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Nouvelle escalade entre Gaza et Israël, craintes de conflit élargi

Des soldats de la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, à Deir el-Balah dans la bande de Gaza, le 30 juin 2014 [Said Khatib / AFP] Des soldats de la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, à Deir el-Balah dans la bande de Gaza, le 30 juin 2014 [Said Khatib / AFP]

De nouvelles roquettes palestiniennes ont visé le sud d'Israël lundi en riposte à un raid israélien meurtrier à Gaza, dans une escalade ds violences qui fait craindre un conflit élargi entre Israël et le mouvement islamiste Hamas.

Cette succession de tirs de roquettes et de représailles aériennes systématiques s'est accélérée après l'enlèvement le 12 juin de trois étudiants israéliens en Cisjordanie occupée, Israël imputant le rapt au Hamas dont elle a arrêté des centaines de partisans.

Dans la matinée, au moins 14 roquettes et obus tirés de la bande de Gaza se sont abattus dans le sud d'Israël, sans faire ni victimes ni dégâts majeurs, au lendemain de la mort d'un combattant palestinien tué dans un raid aérien israélien alors qu'il se préparait à tirer une roquette contre Israël, selon l'armée.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a de nouveau menacé lundi de durcir les attaques israéliennes contre l'enclave palestinienne, où le Hamas est en charge de la sécurité.

"Si ces tirs (de roquettes) continuent, il y a deux possibilités: ou le Hamas, qui est responsable sur le terrain, y met fin ou c'est nous qui y mettrons fin. Je recommande fortement au Hamas de tenir compte du fait que nous ne tolèrerons pas la poursuite et la multiplication de ces tirs", a-t-il prévenu.

Son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, un faucon, a proposé une nouvelle fois une réoccupation de Gaza qu'Israël a évacuée en 2005. "Les opérations limitées contre le Hamas ne font que le renforcer".

- "Lui rentrer dedans" -

Même le ministre des Finance Yaïr Lapid, considéré comme un modéré, a affirmé qu'"il faut lui (Hamas, ndlr) rentrer dedans à cause de l'enlèvement, mais aussi à cause des tirs" de roquettes.

Un avion de chasse de l'armée israélienne [ / GPO/AFP/Archives]
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Un avion de chasse de l'armée israélienne

Alors que l'armée israélienne poursuit en Cisjordanie ses recherches de trois Israéliens enlevés près d'un bloc de colonies alors qu'ils faisaient de l'auto-stop, le service de la sécurité intérieure (Shin Beth) a dévoilé les identités des deux principaux suspects du rapt affiliés selon lui au Hamas.

Le Hamas a nié toute implication dans le rapt mais a salué l'opération.

Depuis vendredi, une trentaine de roquettes ont été tirées par les membres de groupes armés palestiniens de Gaza vers le sud d'Israël, dont 4 ont été détruites en vol par le système de défense anti-missile "Iron Dome", selon l'armée.

Aucune de ces roquettes n'a fait des victimes mais l'une d'elles a détruit samedi une usine de peinture dans la zone industrielle de Sdérot.

En représailles, l'aviation israélienne a répliqué à coup de raids et d'éliminations ciblées de combattants palestiniens. Deux membres des Comités de résistance populaire, un groupe radical de Gaza, y ont été tués vendredi.

- Le Hamas critique Abbas -

Toutefois, selon les commentateurs, les chefs militaires israéliens sont hostiles à une opération terrestre de grande envergure à Gaza qui pourrait provoquer de pertes parmi les soldats et susciter des condamnations internationales.

En Cisjordanie, cinq Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens depuis le début de l’opération de recherche baptisée "Gardien de nos frères", et près de 400 Palestiniens ont été arrêtés, en grande majorité des membres du Hamas.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 29 juin 2014  [Dan Balilty / Pool/AFP]
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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 29 juin 2014

Un responsable au Hamas, Moussa Abou Marzouk, a accusé le président palestinien d'avoir abandonné la bande de Gaza malgré l'accord de réconciliation avec le mouvement islamiste.

"Aujourd'hui, je crains que le Hamas ne soit invité à revenir pour protéger la sécurité de son peuple, la bande de Gaza ne vivra pas dans le vide, or elle n'est ni sous la responsabilité du gouvernement précédent, ni sous celle du gouvernement d'entente nationale", selon lui. "Abou Mazen ne veut pas de réconciliation, même si on lui donne Gaza, il ne la prendra pas".

La dernière grande opération menée par Israël dans la bande de Gaza remonte à novembre 2012 et avait débuté par l'assassinat du chef des opérations militaires du Hamas, Ahmad Jaabari.

Durant les huit jours d'affrontements, l'aviation israélienne a lancé de centaines de raids, tandis que des centaines de roquettes s'abattaient sur Israël atteignant parfois Tel-Aviv et la région de Jérusalem. 177 Palestiniens et six Israéliens ont été tués, en majorité des civils.

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