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La pression s'accroît sur le pouvoir ukrainien

Heurts entre manifestants et forces de l'ordre dans la nuit du 24 au 25 janvier 2014 à Kiev [Sergei Supinsky / AFP] Heurts entre manifestants et forces de l'ordre dans la nuit du 24 au 25 janvier 2014 à Kiev [Sergei Supinsky / AFP]

Le pouvoir ukrainien, malgré une ouverture surprise en direction de l'opposition, se trouve samedi sous une pression accrue de la contestation, à Kiev et dans l'ouest du pays, et de l'UE qui intensifie les contacts à l'issue d'une semaine de violences.

L'annonce par le président Viktor Ianoukovitch pour la semaine prochaine d'un remaniement ministériel et d'amendements aux nouvelles lois anti-contestation n'a pas découragé les manifestants mobilisés depuis maintenant plus de deux mois.

Dans la capitale ukrainienne, où l'opposition espère réunir dimanche des centaines de milliers de personnes, la tension est même remontée d'un cran dans la nuit sur les lieux des violents affrontements observés entre dimanche et jeudi, qui ont fait au moins deux morts, cinq selon l'opposition.

Selon un photographe de l'AFP sur place, les manifestants ont de nouveau enflammé des pneus sur la barricade les séparant aux forces de l'ordre rue Grouchevski, transformée en un mur de feu et d'épaisse fumée noir. Ils envoyaient pavés et cocktails Molotov vers les forces de l'ordre, qui répliquaient avec des balles en caoutchouc et grenades assourdissantes.

Une manifestante agenouillée devant les forces de l'ordre le 24 janvier 2014 à Kiev [Sergei Supinsky / AFP]
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Une manifestante agenouillée devant les forces de l'ordre le 24 janvier 2014 à Kiev
 

Loin des scènes de guérilla urbaine de la semaine, inédite en deux mois de mobilisation, la situation a marqué un regain de tension après près de deux jours de trêve. La nuit précédente, les contestataires avaient, dans le calme, envahi le ministère de l'Agriculture, situé près de la place de l'Indépendance, et édifié de nouvelles barricades, étendant le territoire de "Maïdan", l'autre nom de la place employé pour désigner la zone occupée par l'opposition.

 

Réunion à Varsovie

Hors de Kiev, les administrations de la plupart des régions de l'ouest, ukrainophone et tourné vers l'Europe, sont occupées par des milliers de manifestants qui réclament le départ des gouverneurs nommés par le président.

Sans envahir les locaux, quelque 3.000 manifestants, selon l'agence Interfax, se sont rassemblés devant l'administration de la région de Poltava, dans l'est, une partie du pays plus proche de la Russie où le pouvoir continue de bénéficier d'un soutien notable.

Viktor Ianoukovitch et le commissaire européen à l'élargissement Stefan Füle, le 24 janvier 2014 à Kiev [Andrei Mosienko / Service de presse de la présidence/AFP]
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Viktor Ianoukovitch et le commissaire européen à l'élargissement Stefan Füle, le 24 janvier 2014 à Kiev
 

Viktor Ianoukovitch doit aussi composer avec une intense activité diplomatique des pays européens, qui ont dénoncé cette semaine l'emploi de la violence contre les manifestants et dont certains, dont la France et l'Allemagne, ont convoqué vendredi les ambassadeurs.

La situation en Ukraine doit constituer samedi le coeur d'une rencontre à Varsovie entre le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, avec le Premier ministre polonais, Donald Tusk, et le président polonais, Bronislaw Komorowski. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton est attendue à Kiev les 30 et 31 janvier.

C'est après un entretien vendredi avec le commissaire européen à l'élargissement Stefan Füle que Viktor Ianoukovitch a annoncé une série de concessions, créant la surprise au lendemain de négociations avec l'opposition qui n'avait abouti à aucune avancée majeure.

 

L'opposition pas convaincue

Il a annoncé que le gouvernement, dont l'opposition demande la démission, serait remanié lors d'une session extraordinaire du Parlement convoquée mardi. M. Ianoukovitch a indiqué qu'il comptait faire libérer tous les manifestants arrêtés, et amender les lois controversées, adoptées la semaine dernière, visant à durcir, jusqu'à la prison ferme, les sanctions contre les manifestants.

Le mouvement, né de la volte-face en novembre du pouvoir ukrainien ayant refusé de signer un accord d'association avec l'Union européenne pour se tourner vers la Russie, s'est considérablement radicalisé après le vote de ces lois.

 
 

La Russie, qui n'a cessé de dénoncer des "ingérences" occidentales dans les affaires d'un pays "frère", et a été accusée en retour par les Européens d'avoir exercé des pressions économiques sur son voisin pour la dissuader de signer l'accord d'association avec l'UE, a souligné suivre la situation avec la plus grande attention.

Après l'abandon de l'accord d'association avec l'UE, la Russie a accordé à l'Ukraine une ligne de crédit de 15 milliards d'euros et abaissé le prix de son gaz.

 

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