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Industrie: Lauvergeon propose sept secteurs stratégiques d'innovation

Anne Lauvergeon à la sortie de l'Elysée le 11 octobre 2013 à Paris [Miguel Medina / AFP] Anne Lauvergeon à la sortie de l'Elysée le 11 octobre 2013 à Paris [Miguel Medina / AFP]

L'ancienne présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, a identifié sept secteurs stratégiques d'innovations technologiques et industrielles pour la France à l'horizon 2030, comme le stockage de l'énergie ou le recyclage, dans un rapport remis vendredi au président français François Hollande.

A la tête d'une commission baptisée "Innovation 2030" et composée d'une vingtaine de scientifiques, économistes et entrepreneurs, l'ancienne conseillère de François Mitterrand planchait depuis avril sur la nature de ces innovations majeures, dites de "rupture".

Les sept "grandes ambitions" finalement retenues par la commission sont, outre le stockage de l'énergie et le recyclage, la valorisation des richesses marines (métaux et dessalement de l'eau de mer), les protéines végétales et la chimie du végétal, la médecine individualisée, la "silver économie" (longévité) et la valorisation des données informatiques massives (Big Data).

"L'innovation est la condition de la croissance, de la création de richesse mais également de l'amélioration de notre bien-être", a souligné pour sa part François Hollande lors de la visite d'une start-up de Nanterre, Ennesys, organisée dans la foulée de la remise du rapport.

Répondant implicitement aux critiques sur l'Etat prescripteur, François Hollande a souligné que si l'innovation était "une volonté" de l'Etat, elle "ne peut passer que par l'entreprise".

Lancement des concours le 2 décembre

Anne Lauvergeon et François Hollande le 11 octobre 2013 à l'Elysée  [MIGUEL MEDINA / AFP Photo]
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Anne Lauvergeon et François Hollande le 11 octobre 2013 à l'Elysée

Ennesys, pour sa part, développe un procédé qui doit permettre de transformer in situ les eaux usées et déchets d'immeubles en énergie en les dégradant à l'aide de micro-algues.

"Notre propos va même au-delà de l'industrie, c'est-à-dire comment imaginer, comment créer, comment développer une France qui innove, une France qui va de l'avant", a expliqué sur France Info Anne Lauvergeon, pour qui "il faut faire des choix" stratégiques afin d'éviter le "zapping".

"Le président nous a écoutés, a posé beaucoup de questions et nous a donné son feu vert pour aller de l'avant", s'est-elle félicité à l'issue de son entretien avec le chef de l'Etat.

Nicolas Dufourcq, l'un des responsables de la Banque publique d'investissement, le 11 octobre 2013 à la sortie de l'Elysée à Paris  [Miguel Medina / AFP]
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Nicolas Dufourcq, l'un des responsables de la Banque publique d'investissement, le 11 octobre 2013 à la sortie de l'Elysée à Paris

"La France dispose de solides atouts même si la concurrence mondiale s'accroît", soulignent les auteurs du rapport qui préviennent cependant: "il ne suffit plus de disposer de forces dans un domaine, il faut être à la pointe de l'innovation, présenter des atouts d'excellence, convaincre de la qualité au bon moment et attirer les meilleurs talents dans un contexte de concurrence internationale."

Et, pour ce faire, insistent-ils, la France devra surmonter un certain nombre de "handicaps", avec un "écosystème culturel et une organisation qui n'incitent pas à l'innovation". Le rapport évoque la fiscalité, les contraintes réglementaires, une conjoncture morose ou une certaine "frilosité".

Résultat: la France "est actuellement l'antépénultième pays en termes de production économique industrielle en Europe".

La démarche de la commission se veut "très complémentaire", selon Anne Lauvergeon, de la "nouvelle France industrielle" et ses 34 plans pour la décennie à venir portés par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Elle est censée aussi traduire les priorités fixées dès octobre 2012 par le chef de l'Etat: la transition écologique et énergétique, le vivant et le numérique.

"A partir du 1er décembre, nous allons lancer des concours dans les sept domaines" retenus par la commission, ouverts "à tous les porteurs de projets français et étranger" et dotés de 300 millions d'euros, a indiqué François Hollande.

A l'issue d'une nouvelle sélection, les élus "pourront disposer d'enveloppes beaucoup plus importantes, jusqu'à 2 millions d'euros, voire davantage", a encore indiqué le chef de l'Etat, promettant "au moins un euro privé" pour chaque euro public.

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