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La Turquie cible désormais les milices kurdes

Des soldats turcs dans un tank en route pour la Syrie depuis la ville frontalière turque de Karkamis, le 27 août 2016 [BULENT KILIC / AFP] Des soldats turcs dans un tank en route pour la Syrie depuis la ville frontalière turque de Karkamis, le 27 août 2016 [BULENT KILIC / AFP]

Des affrontements ont éclaté samedi entre des chars turcs et des combattants soutenus par les forces kurdes dans le nord de la Syrie, au quatrième jour d'une offensive sans précédent de la Turquie visant à la fois Daesh et les milices kurdes.

Il s'agit du premier incident de ce type depuis l'envoi mercredi des premiers chars turcs sur le sol syrien dans le cadre de l'opération "Bouclier de l'Euphrate", qui marque une nouvelle phase dans ce conflit déjà complexe et ayant fait plus de 290.000 morts depuis son déclenchement en 2011.

Ces nouveaux affrontements interviennent au lendemain de l'annonce par Washington et Moscou, qui soutiennent des camps opposés en Syrie, de progrès pour parvenir à un cessez-le-feu, tandis que les combats continuent de faire rage dans ce pays, notamment à Alep.

A lire aussi : Syrie : la ville de Jarablos reprise à Daesh

"Les chars turcs ont avancé aujourd'hui jusqu'aux abords de la localité d'al-Amarné dans la province d'Alep, au sud de la frontière, et des combats ont alors éclaté entre eux et des combattants appuyés par les forces kurdes", a dit à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Un blindé turc se dirige vers la frontière turco-syrienne et la ville de  Karkamis, le 26 août 2016 [BULENT KILIC / AFP]
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Un blindé turc se dirige vers la frontière turco-syrienne et la ville de Karkamis, le 26 août 2016

Un responsable de l'administration semi-autonome kurde en Syrie a déclaré à l'AFP que des groupes de combattants locaux étaient "engagés en ce moment dans des combats aux abords d'al-Amarné contre des chars turcs".

Al-Amarné se situe à 8 km au sud de Jarablos, ville reprise cette semaine aux jihadistes par des rebelles soutenus par Ankara, qui s'affairaient samedi à désamorcer les engins explosifs laissés par les combattants de l'EI.

Nouvelle phase

Toujours au sud de Jarablos, l'armée turque a détruit samedi un poste de commandement de "groupes terroristes", a signalé l'agence de presse progouvernementale Anadolu. Cette dernière n'a pas précisé quels groupes étaient visés dans ces frappes, mais des rebelles soutenant les Kurdes en Syrie ont affirmé avoir été pris pour cible par l'aviation turque.

"Des avions turcs ont bombardé nos positions ce matin dans le sud de Jarablos et dans le village de Til-Emarne où vivent des civils", a annoncé dans un communiqué le Conseil militaire de Jarablos, lié au Forces démocratiques syriennes (FDS) pro-Kurdes.

Principaux acteurs du conflit syrien [Alain BOMMENEL, Jean Michel CORNU / AFP]
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Principaux acteurs du conflit syrien

 

"Avec cette agression, une nouvelle phase du conflit va s'ouvrir dans la région", a-t-il ajouté. Un peu plus tôt samedi, l'armée turque avait envoyé six nouveaux blindés en territoire syrien, a constaté un photographe de l'AFP dans le village de Karkamis, à la frontière turque. Après trois jours d'opérations, elle dispose désormais de 50 chars et de 380 soldats en Syrie, selon le quotidien Hürriyet.

Pour la Turquie, en conflit avec les Kurdes sur son propre territoire, cette offensive vise entre autres à empêcher les Kurdes syriens de former une ceinture continue le long de sa frontière, qui menacerait directement sa sécurité.

Des combattants rebelles et leurs familles arrivent à Idleb, le 27 août 2016 après été évacués de Daraya [Omar haj kadour / AFP]
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Des combattants rebelles et leurs familles arrivent à Idleb, le 27 août 2016 après été évacués de Daraya

 

Elle considère le Parti de l'Union démocratique (PYD), principale milice kurde de Syrie, et son aile militaire, les YPG (Unités de protection du peuple kurde), comme des organisations "terroristes".

Les forces de sécurité turques subissent des attaques quasi-quotidiennes de la part du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), dont la dernière en date a provoqué la mort d'au moins 11 policiers vendredi à Cizre (sud-est), près de la frontière syrienne.

Daraya évacuée

Par ailleurs, le régime syrien a repris samedi le contrôle de Daraya, après la sortie de l'ensemble des milliers d'habitants, parmi lesquels des insurgés, de cet ex-fief rebelle situé près de Damas et soumis à quatre ans de siège, a déclaré à l'AFP une source militaire.

"L'armée syrienne contrôle totalement Daraya et est entrée dans toute la ville", a affirmé cette source sous couvert de l'anonymat.

L'évacuation forcée de Daraya [Alain BOMMENEL, John SAEKI / AFP]
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L'évacuation forcée de Daraya

 

Au même moment, des barils d'explosifs ont de nouveau été largués par le régime syrien sur un quartier d'Alep aux mains des rebelles, faisant au moins 15 morts et plusieurs blessés parmi les civils, selon l'OSDH.

L'agence de presse locale Shahba press, qui a fait état de 23 morts, a publié des photos sur lesquelles l'on voit un corps d'homme couvert de poussière et allongé sur un brancard près d'une ambulance. Sur une autre photo, on peut voir le cadavre démembré et recouvert de sang d'un homme près de ce qui semble être la carcasse d'une moto.

La deuxième ville de Syrie, où 1,5 million de personnes sont prises au piège, est l'un des principaux points de désaccord entre les Etats-Unis et Moscou qui ont fait état vendredi à Genève de progrès pour parvenir à un cessez-le-feu, mais les modalités d'un accord pour tenter de mettre fin au conflit doivent encore être définies.

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