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Ukraine : les séparatistes prorusses auraient pu abattre l'avion par erreur

La carcasse encore fumante de l'avion malaisien qui s'est écrasé le 17 juillet 2014 près de Shaktarsk en Ukraine  [Dominique Faget / AFP] La carcasse encore fumante de l'avion malaisien qui s'est écrasé le 17 juillet 2014 près de Shaktarsk en Ukraine [Dominique Faget / AFP]

Ukraine: les séparatistes prorusses auraient pu abattre l'avion par erreurLes séparatistes prorusses auraient pu abattre l'avion malaisien après l'avoir pris pour un appareil militaire ukrainien, d'après plusieurs éléments parus sur les sites des insurgés et des interceptions des services de sécurité ukrainiens.

 

"Le ministre de la Défense" des séparatistes Igor Strelkov a indiqué sur sa page Vkontakte (Facebook russe) que les rebelles avaient abattu un avion de transport militaire ukrainien An-26 à peu près à l'heure et dans la zone du crash de l'avion de ligne malaisien avec 298 personnes à bord.

Une boîte noire de l'avion a été retrouvée vendredi matin.

Il a affiché sur son site une vidéo montrant une épaisse fumée noire s’élevant de l'endroit d'impact de l'appareil abattu. Cette vidéo offre une grande ressemblance avec des images présentées sur YouTube comme étant celles de la chute de l'avion de ligne malaisien.

"On vient d'abattre un An-26 près de Snijné, il traîne quelque part derrière la mine Progress", a écrit à 13H37 GMT Igor Strelkov, citoyen russe présenté par les services ukrainiens comme un colonel du renseignement militaire, mais qui a lui-même récemment reconnu être un officier des services de sécurité russes à la retraite.

Le Premier ministre auto-proclamé de la "République populaire de Donetsk", Alexander Borodai à son arrivée sur le lieu du crash de l'avion malaisien le 17 juillet 2014 à Shaktarsk  [Dominique Faget / AFP]
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Le Premier ministre auto-proclamé de la "République populaire de Donetsk", Alexander Borodai à son arrivée sur le lieu du crash de l'avion malaisien le 17 juillet 2014 à Shaktarsk

Snijné est une localité proche de l'endroit où l'avion malaisien a été abattu dans la région de Donetsk, dans une zone contrôlée par les séparatistes prorusses. L'appareil a disparu des radars à 13H20 GMT.

Un An-26, avion de transport militaire ukrainien a été abattu le 14 juin dans l'Est. Ses 49 occupants ont péri, la tragédie la plus meurtrière pour les forces ukrainiennes depuis le début de leur opération dans l'Est à la mi-avril.

- L'avion "civil à 100%" -

 

Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont publié dans la soirée l'interception de ce qu'ils ont présenté comme une conversation entre deux chefs rebelles après l'examen du lieu du crash.

- "Ce sont les gars du check-point Tchernoukhine qui ont abattu l'avion. Il s'est désintégré dans l'air", dit l'un d'eux, "Major".

- "Et alors?" demande l'autre, "Grek".

- "C'est un avion civil à 100%" (...).

- "Y a-t-il des armes?"

- "Non, rien, seulement des affaires civiles".

- "Des documents?"

- "Il y en a un d'un étudiant indonésien".

Le chef des services de sécurité ukrainien Valentin Nalyvaïtchenko a convoqué dans la soirée une conférence de presse pour souligner que ces conversations "d'officiers du GRU (renseignement militaire russe) avaient été interceptées et transcrites en conformité avec la loi".

- Abattu par un missile Bouk? -

 

Igor Strelkov ne précise par sur les réseaux sociaux par quel moyen a été abattu l'avion qui volait à une altitude de 10.000 mètres.

Mais dans un message affiché sur le compte Twitter officiel de la "République populaire de Donetsk" - qui a été ensuite retiré - les rebelles ont affirmé plus tôt dans la journée avoir saisi "à l'unité ukrainienne A1402" des missiles Bouk capables d'atteindre des cibles à une altitude de 25 kilomètres.

Quelques heures avant le crash, le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a indiqué que les rebelles basés près de Snijné disposaient de systèmes Bouk "destinés à abattre avions et hélicoptères à petite et moyenne altitude" sans préciser de quelle manière ils se les sont procurés.

Immédiatement après la tragédie, un conseiller du ministre ukrainien de l'Intérieur, Anton Guerachtchenko, a formulé des accusations bien plus précises, affirmant que l'avion de ligne avait été abattu par un missile Bouk, "gracieusement offert aux terroristes (les rebelles prorusses) par (le président russe Vladimir) Poutine".

Les rebelles prorusses ont affirmé ensuite que l'avion malaisien avait été abattu par les forces armées ukrainiennes, dénonçant une "provocation". L'Ukraine a démenti que son aviation ait effectué des tirs jeudi.

Les experts du renseignement américain ont indiqué que l'avion a été abattu par un missile sol-air mais ont reconnu qu'il n'en connaissaient pas, ou pas encore, l'origine.

Les analystes américains "croient fortement" qu'un missile sol-air a abattu le Boeing 777 et ils sont en train d'examiner les données afin de déterminer si le missile a été tiré par les séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine, les soldats russes de l'autre côté de la frontière ou les forces gouvernementales ukrainiennes, a expliqué l'un de ces responsables sous couvert d'anonymat.

 

 

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