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Japon : une flottille chinoise près des îles Senkaku

Une photo de la Japan Coast Guard montre un bâteau de surveillance chinois près des îles disputées de Senkaku, le 23 avril 2013 [Japan Coast Guard / Japan Coast Guard/AFP] Une photo de la Japan Coast Guard montre un bâteau de surveillance chinois près des îles disputées de Senkaku, le 23 avril 2013 [Japan Coast Guard / Japan Coast Guard/AFP]

Une flottille gouvernementale chinoise est entrée mardi dans les eaux territoriales des îles Senkaku administrées par le Japon dont le Premier ministre a prévenu qu'il repousserait toute tentative de débarquement.

Cette brusque remontée de tension est intervenue au moment même où près de 170 parlementaires japonais se rendaient au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, symbole du militarisme nippon pour Pékin qui a immédiatement dénoncé cette visite.

Selon les garde-côtes japonais, huit navires de surveillance maritime chinois ont pénétré vers 08H00 (lundi à 23H00 GMT) dans la zone de 12 milles (22 km) entourant ces îlots de mer de Chine orientale, revendiqués par Pékin sous le nom de Diaoyu. Ils étaient toujours sur zone vers 08H30 GMT.

C'est la première fois qu'autant de bateaux officiels chinois pénètrent ensemble dans les eaux territoriales de cet archipel inhabité, depuis que ce différend territorial s'est aggravé en septembre après l'achat par le Japon de trois de ses cinq îles à leur propriétaire privé nippon.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le 19 avril 2013 à Tokyo [Toru Yamanaka / AFP/Archives]
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Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le 19 avril 2013 à Tokyo
 

La Chine y envoie régulièrement des navires depuis, qui croisent dans la zone quelques heures avant de repartir.

"Nous protestons vigoureusement auprès de la Chine", a réagi le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga. L'ambassadeur de Chine à Tokyo a d'ailleurs été convoqué.

Au parlement japonais, le Premier ministre Shinzo Abe a été interrogé sur sa réponse à un éventuel débarquement chinois. "Il serait normal que nous les repoussions par la force si d'aventure ils débarquaient", a-t-il prévenu, évoquant les garde-côtes nippons qui assurent la protection de cette zone.

Un prêtre shinto mène un groupe d'avocats japonais au sanctuaire de Yasukuni, à Tokyo, le 23 avril 2013 [Yoshikazu Tsuno / AFP]
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Un prêtre shinto mène un groupe d'avocats japonais au sanctuaire de Yasukuni, à Tokyo, le 23 avril 2013
 

L'archipel est situé à 200 km au nord-est de Taïwan, qui le revendique également, et 400 km à l'ouest de l'île d'Okinawa (sud du Japon). Outre sa position stratégique, il recèlerait des ressources énergétiques dans ses fonds marins.

L'incursion des navires gouvernementaux chinois a coïncidé avec une visite massive de parlementaires japonais au sanctuaire shintoïste de Yasukuni, au coeur de Tokyo.

Pas moins de 168 parlementaires se sont rendus dans ce lieu de culte où sont honorés 2,5 millions de soldats japonais morts pour la patrie, dont 14 Japonais reconnus coupables de crimes de guerre par les Alliés après la Seconde Guerre mondiale.

Ces députés et sénateurs, issus majoritairement du Parti Libéral-Démocrate (conservateur) au pouvoir, sont allés au sanctuaire dans le cadre de son festival de printemps. Cette visite, la plus importante de ce type depuis 1989, a été immédiatement dénoncée à Pékin comme à Séoul.

"Quelle que soit la forme qu'elles prennent, et quelles que soient les qualités de leurs auteurs, les visites de responsables japonais à Yasukuni sont par définition des tentatives de nier le passé d'agression du Japon", a déclaré Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise.

 
 

En fin de semaine dernière, trois ministres japonais, dont le vice-Premier ministre et ministre des Finances Taro Aso, s'étaient déjà rendus au sanctuaire, ce qui avait poussé la Corée du Sud à annuler un déplacement au Japon de son chef de la diplomatie.

M. Abe s'est abstenu de se rendre au Yasukuni, mais y a dédié dimanche un objet en bois utilisé pour des rituels, appelé masakaki.

Les relations du Japon avec ses voisins restent marquées par les souvenirs douloureux de la colonisation de la Corée (1910-1945) et de l'occupation d'une partie de la Chine des années 1930 à 1945.

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