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Pauvreté : l'Institut Montaigne préconise de verser 30 milliards d'euros d'aides aux plus modestes

30 milliards d'euros permettraient de résorber en partie les inégalités économiques créées par la crise sanitaire, selon l'Institut Montaigne. [Philippe Huguen ]

L'Institut Montaigne, groupe de réflexion français, propose de verser (sous différentes formes) 30 milliards d'euros aux ménages les plus pauvres. Cette somme leur permettrait de faire face à la crise économique.

Le programme proposé est conçu «en complémentarité de l'ensemble des mécanismes déjà mis en œuvre», ont précisé Eric Chaney et Julien Damon, auteurs de la note de l'Institut. Avant d'ajouter : «Dans les circonstances inédites du moment, la meilleure relance que l'on puisse concevoir passe par une dépense accrue». 

Accrue, elle devrait être, selon eux, ciblée sur les ménages les plus modestes, qui ont été les plus touchés par la crise sanitaire. 

PLUSIEURS raisons MISES EN AVANT

Une enquête de l'INSEE révélait en mai dernier que la dégradation de la situation financière à cause du Covid-19 était deux fois plus élevée chez les 10% des ménages les plus pauvres que chez les 10% des ménages les plus riches, en terme de ressenti. Les 30 milliards d'euros annoncés permettraient de combler en partie ces inégalités. 

Eric Chaney et Julien Damon précisent que les inégalités ne sont pas qu'économiques : «Les familles les plus démunies sont aussi celles qui vivent dans les logements les plus exigus, rendant les situations de confinement bien plus difficiles à vivre», écrivent-ils. Ajouté à cela la réduction du nombre d'heures de cours : si certains parents au fort capital culturel peuvent aider leurs enfants, d'autres en sont incapables. Une mesure en faveur des plus pauvres pourrait donc rétablir une égalité devant les mesures sanitaires. 

Enfin, les auteurs mettent en avant que les ménages les plus pauvres sont ceux qui ont la plus forte propension à consommer. C'est-à-dire qu'ils ont tendance à consommer l'argent qu'ils reçoivent pour subvenir à leurs besoins, contrairement aux ménages plus riches, qui ont plus de marge pour épargner. 

Si l'Etat investit en faveur des plus modestes, les ménages l'utiliseront donc pour acheter certaines choses. Cela stimulera donc la consommation, et permettra de relancer en partie l'économie en accroissant la demande aux entreprises. Selon les auteurs de l'étude, il y a donc un «triple intérêt» à débloquer ces 30 milliards. 

Trois mesures phares 

Ceux-ci prendront d'ailleurs une forme bien précise. Eric Chaney et Julien Damon proposent d'abord la distribution de chèques-consommation. Ils pourront être utilisés sur les secteurs fortement touchés par la crise, comme le bâtiment, l'hôtellerie-restauration et l'alimentation. «Focalisée sur des secteurs et consommations prioritaires [...] une vaste opération de distribution de tels chèques serait inédite», plaident-ils. «Avec une forte visibilité et une forte acceptabilité possible.» 

Mais ce n'est pas tout. L'Institut Montaigne souhaite également qu'une enveloppe de 500 millions d'euros soit donnée aux aides de secours local, pour qu'elles puissent identifier et venir aux secours des ménages les plus modestes sur leur territoire. 

Enfin, les auteurs proposent d'élargir le système de prêt garanti pour les étudiants à tous les jeunes. L'objectif étant de lutter contre les difficultés économiques qu'ils subissent : «Ni étudiant, ni employé, ni stagiaire, ils voient leur précarité se renforcer par l'effacement des petits boulots». 

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