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Mariage gay et adoption: Taubira veut du temps pour la "parentalité"

La ministre de la Justice Christiane Taubira, le 28 septembre 2012 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives] La ministre de la Justice Christiane Taubira, le 28 septembre 2012 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives]

Le mariage et l'adoption seront ouverts aux personnes du même sexe "le plus rapidement possible", affirme au magazine Têtu la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui estime en revanche qu'il faut "davantage de temps" concernant la "parentalité au sens large".

"J'ai tout mis en oeuvre pour que l'engagement soit tenu, que les mariages, en effet, aient lieu le plus rapidement possible. Je souhaite que 2013 soit une année historique à cet égard", déclare la garde des Sceaux au numéro d'octobre du mensuel homosexuel. Un projet de loi est à l'étude et doit être présenté fin octobre en conseil des ministres.

"Le président de la République s'y est engagé: le mariage et ses conséquences sur l'adoption seront ouverts aux personnes du même sexe", insiste Christiane Taubira. "Il s'agit d'une grande avancée dans le sens d'une plus grande égalité", dit-elle.

Mais à la question de savoir si le projet de loi intégrera "les questions de parentalité au sens large, notamment la reconnaissance par un tiers ou une naissance via PMA (procréation médicalement assistée)", la garde des Sceaux répond avec prudence. "La question de la parentalité est plus large, elle intéresse les familles quel que soit leur statut et elle emporte des conséquences juridiques bien plus nombreuses que celles nées de l'ouverture du mariage et de l'adoption aux personnes du même sexe", estime-t-elle. "Je pense que ces questions peuvent être séparées pour se donner davantage de temps pour y travailler", conclut la ministre sur ce point.

L'association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) estime dans un communiqué qu'en se tenant simplement au mariage et à l'adoption pour tous, le gouvernement pourrait "laisser sur le bord du chemin, les enfants adoptés et de nombreuses familles homoparentales". Celle-ci craint la mise en place d'"un mariage à deux vitesses du point de vue de la filiation". L'APGL appelle donc le gouvernement à prendre ses responsabilités pour ne pas que cette "réforme menée au nom de l'égalité" devienne, "faute de courage politique et de respect des engagements, une réforme de la honte".

 

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