Où sont passés nos Bleus ?

Par Pierre Ménès, chroniqueur de Direct Matin, publié le
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Pierre Ménès, chroniqueur de Direct Matin.[© MERIADECK POUR DIRECT MATIN ]

La belle histoire est déjà terminée. Enfin la belle histoire, façon de parler. Même si l’objectif initial a été atteint (quart de finale de l’Euro pour un 16e à la Fifa) l’impression laissée est, une nouvelle fois, désastreuse.

 
Le manque d’implication, de fougue, d’enthousiasme, de la plus élémentaire combativité vu depuis la débâcle suédoise, a ravivé les souvenirs les plus funestes d’Afrique du Sud. Et c’est bien ça qui me met le plus en colère. Que des garçons évoluant dans de grands clubs européens n’aient pas le sens de l’honneur, allez on va même oser le mot patriotisme, pour avoir avec la sélection un comportement irréprochable, me scie les nerfs.
 
Image désastreuse
 
Aujourd’hui, le constat est implacable. Et il commence par Laurent Blanc qui a en partie réussi, reste à évaluer le niveau de la partie en question. Concernant l’image de l’équipe de France, le chantier n’a pas avancé. Le château de cartes des vingt-trois matchs sans défaite s’est effondré au premier coup de vent. Un désastre contre la Suède et il n’y avait plus rien. Et la France a en grande partie perdu son quart contre l’Espagne face à Ibrahimovic et ses coéquipiers. Les ambitions et les rares certitudes de Blanc dans le jeu se sont fracassées sur ce constat.
 
Blanc peut décider de partir
 
Du coup, «le président» a joué petit bras misant sur le 0-0 le plus longtemps possible contre le champion du monde et d’Europe en titre. C’était un calcul comme un autre. Mais lorsqu’on encaisse un but dès la 19e minute sur une action espagnole développée sur le côté droit tricolore, soit celui où la tactique défensive avait été renforcée avec Réveillère et Debuchy, on s’est demandé s’il ne fallait pas immédiatement enclencher le plan B et passer en phase offensive. Hélas, lorsque Nasri et Ménez sont entrés en jeu à la 64e (pour 31 minutes, arrêts de jeu compris) on n’a vu aucune différence. Pire même, l’Espagne a privé de ballons les Bleus durant dix minutes au même moment.
 
Maintenant, la première question est de savoir si Laurent Blanc va continuer cette palpitante aventure. Si Noël Le Graët (le président de la FFF, ndlr) va lui proposer un nouveau contrat mais aussi, et ça fait un moment que je vous le dis, si Blanc a de son côté envie de poursuivre son travail avec un président qui lui accorde, et c’est un euphémisme, une confiance limitée, et un groupe qui l’a forcément déçu sur le terrain et certainement encore plus en dehors. Après, que le sélectionneur s’appelle Blanc ou Tartempion, il est grand temps de faire jouer ceux qui ont envie de représenter leur pays avec motivation et solidarité. Parce que moi quand je lis Karim Benzema, auteur, soyons aimables, d’un Euro pour le moins décevant, déclarer quelques minutes après l’élimination de son équipe : «J’ai les vacances. Je vais bien me reposer pour revenir à fond avec mon club», les bras m’en tombent. Mais j’en ai hélas pris l’habitude. Comme beaucoup d’entre nous. 
 
Nasri, ça suffit !
 
Symbole du divorce entre l’opinion publique et les Bleus, Samir Nasri, auteur de deux bons matchs d’entrée, a tout gâché par son comportement individuel. Après avoir insulté un journaliste de L’Equipe après l’Angleterre, Nasri s’est plongé tout seul dans les embêtements. Pris à parti par bon nombre de ses coéquipiers après son non-match contre la Suède, il s’est retrouvé sur le banc contre l’Espagne. Et lorsqu’il a eu une demi-heure de temps de jeu pour se racheter, son altesse s’est contentée de trottiner. Mais le pompon était encore à venir, Nasri s’en prenant à un journaliste de l’AFP, le traitant de tous les noms avant de lui proposer d’aller régler «ça en bas». Après avoir eu de gros problèmes en 2008, puis avoir été exclu en 2010, le mystère Nasri semble éclairci. A moins d’une remise en cause totale de son comportement, les Bleus devront se passer d’un garçon certes doué, mais qui pose plus de problèmes qu’il n’apporte de solutions.
 
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