En direct
A suivre

«La France dégage» : des manifestations anti-françaises au Tchad

Des drapeaux français ont été brûlés.[AFP]

Des drapeaux tricolores brûlés, des stations-services Total, «symbole» de la France, vandalisées. Des centaines de personnes ont manifesté ce samedi 14 mai au Tchad contre l’Hexagone, accusé de soutenir la junte militaire au pouvoir.

Des slogans comme «La France, dégage !», ou «Non à la colonisation», ont aussi été entendus dans les rues de la capitale N’Djamena, a rapporté un journaliste de l'AFP présent sur place.

La manifestation était organisée par la plateforme d'opposition de la société civile Wakit Tamma, qui conteste la junte de 15 généraux ayant pris le pouvoir il y a un peu plus d’un an. Pour rappel, le 20 avril 2021, l'armée annonçait que le président tchadien Idriss Déby Itno, à la tête d'un pouvoir très autoritaire depuis 30 ans, avait été tué au front contre la rébellion. Le même jour, son fils Mahamat Idriss Déby Itno était proclamé par l'armée «président de transition» à la tête de cette junte.

L'armée tchadienne indispensable contre le jihadisme

Promettant au terme de négociations avec les oppositions politiques et armées du pays des «élections libres et démocratiques» après une transition de 18 mois, il avait reçu le soutien de la communauté internationale, France, Union européenne (UE) et Union africaine (UA) en tête. Le tout alors que ceux-ci sanctionnent habituellement les militaires putschistes ailleurs en Afrique. Mais l’armée tchadienne est indispensable dans la guerre contre les jihadistes au Sahel.

Samedi, des élèves et collégiens ont rejoint les manifestants. «Je manifeste parce que la France veut encore nous imposer le système Deby», a lancé un jeune lycéen, bandeau blanc sur la tête. «Si nous continuons à souffrir aujourd'hui depuis l'indépendance, c'est par la faute de la France qui nous empêche d'être réellement indépendants», a renchéri Idriss Moussa, un enseignant arabophone.

Un dialogue très difficile

Le coordinateur de Wakit Tamma, Max Loalngar, a indiqué à l’AFP se réjouir «que les Tchadiens prennent de plus en plus conscience de notre lutte et nous rejoignent. (…) La France installe des dictateurs sur notre tête. Nous demandons juste que notre peuple soit respecté».

En juin 2021, le chef de l'Etat tchadien a envisagé une prolongation de la transition et annoncé le 1er mai dernier le report du dialogue national, à la demande du Qatar, médiateur d'un «pré-dialogue» qui piétine depuis deux mois à Doha entre la junte et les innombrables groupes rebelles. La présidence française avait réagi en se disant «attachée» à un dialogue dans les «meilleurs délais possibles», puis en proposant quelques jours plus tard son aide.

Le 6 avril, la plateforme d'opposition Wakit Tamma avait annoncé la suspension de ses pourparlers avec la junte en dénonçant notamment «une communauté internationale qui s'obstine à soutenir vaille que vaille un régime illégal et illégitime».

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités