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Mugabe a refusé de démissionner lors de discussions avec l'armée

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe (G) et son épouse Grace Mugabe (D) à Harare le 14 novembre 2017 [Jekesai NJIKIZANA / AFP/Archives] Le président du Zimbabwe Robert Mugabe (G) et son épouse Grace Mugabe (D) à Harare le 14 novembre 2017 [Jekesai NJIKIZANA / AFP/Archives]

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe, 93 ans, au pouvoir depuis trente-sept ans, a refusé de démissionner après le coup de force militaire, lors d'un entretien jeudi avec des généraux, a dit à l'AFP une source proche de l'armée.

«Ils se sont rencontrés aujourd'hui (jeudi). Il a refusé de démissionner, je pense qu'il essaie de gagner du temps», a déclaré cette source. 

Les Etats-Unis avaient appelé, mercredi, les dirigeants zimbabwéens à la «retenue» pour «permettre un retour rapide à la normale», alors que l'armée du Zimbabwe a placé le président Robert Mugabe en résidence surveillée et pris le contrôle de Harare. «Le gouvernement américain est préoccupé par les récents actes des forces militaires du Zimbabwe», a déclaré à l'AFP un responsable du département d'Etat. «Les Etats-Unis ne prennent pas partie dans les questions de politique intérieure zimbabwéenne» mais, en règle générale, «ils n'approuvent pas l'intervention de militaires dans les processus politiques», a-t-il ajouté.

Un appel à «faire preuve de retenue»

«Nous appelons tous les dirigeants zimbabwéens à faire preuve de retenue, à respecter l'Etat de droit et les droits de tous les citoyens protégés par la Constitution, et à résoudre rapidement les différends afin de permettre un retour rapide à la normale», a insisté ce responsable. Il a rappelé que l'ambassade des Etats-Unis à Harare avait recommandé plus tôt mercredi aux ressortissants américains de rester chez eux en raison des «incertitudes politiques».

Les Etats-Unis entretiennent des relations très tendues avec le Zimbabwe de Robert Mugabe, auquel ils ont imposé des sanctions économiques. Malgré les apparences contraires, les militaires ont assuré que leur intervention n'était pas «un coup d'Etat militaire contre le gouvernement» et que leur opération était dirigée contre l'entourage de Robert Mugabe, 93 ans. L'entrée en scène de l'armée se joue sur fond de lutte pour la succession du plus vieux dirigeant en exercice de la planète. Le président Mugabe a lui fait savoir qu'il était retenu à son domicile par les militaires, dans un entretien téléphonique avec son homologue sud-africain Jacob Zuma rapporté par Pretoria. Et l'Union africaine (UA) a dénoncé «ce qui apparaît comme un coup d'Etat», exigeant «immédiatement le rétablissement de l'ordre constitutionnel».

Des «criminels» visés

«Nous ne faisons que viser les criminels qui entourent» le chef de l'Etat, avait déclaré le général Sibusiyo Moyo, dans une allocution diffusée en pleine nuit par la télévision nationale. «Dès que notre mission sera accomplie, nous nous attendons à ce que la situation retourne à la normale», a-t-il ajouté. 

Des véhicules blindés barraient dans la matinée les accès au Parlement, au siège du parti au pouvoir, la Zanu-PF, et aux bureaux dans lesquels le chef de l'Etat réunit généralement ses ministres, avait constaté un journaliste de l'AFP. Quelques heures plus tôt, un officier supérieur avait annoncé à la télévision nationale que l'armée était intervenue contre des «criminels» de l'entourage de M. Mugabe, mais démenti toute tentative de coup d'Etat.

Une crise ouverte

L'entrée en scène de l'armée intervient en pleine crise ouverte entre M. Mugabe et le chef de l'armée après le limogeage la semaine dernière du vice-président Emmerson Mnangagwa, longtemps présenté comme son dauphin. «Il ne s'agit pas d'une tentative de renverser le gouvernement», a assuré dans la nuit le général Sibusiso Moyo.

«Nous ne faisons que viser les criminels qui entourent» le chef de l'Etat, a-t-il poursuivi en lisant une déclaration, «dès que notre mission sera accomplie, nous nous attendons à ce que la situation retourne à la normale». «Nous assurons à la Nation que son Excellence le président (...) et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie», a-t-il également ajouté.

Des échanges de tirs nourris ont été entendus dans la nuit de mardi à mercredi près de la résidence privée de Robert Mugabe dans la capitale Harare, a rapporté sous couvert d'anonymat à l'AFP un témoin, résident dans le quartier de Borrowdale.

 

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