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Le Pakistan ensanglanté par des attentats à l'approche de l'Aïd

Une ambulance emmènent des victimes des doubles attentats à Parachinar, le 23 juin 2017 au Pakistan [STR / AFP] Une ambulance emmènent des victimes des doubles attentats à Parachinar, le 23 juin 2017 au Pakistan [STR / AFP]

Des attentats ont ensanglanté le dernier vendredi du mois sacré du ramadan au Pakistan, l'un faisant 13 morts au Baloutchistan, province instable du sud-ouest, et l'autre 11 morts sur un marché bondé de Parachinar, à la frontière afghane.

A Quetta, capitale du Baloutchistan, un véhicule de police a été pris pour cible par un attentat revendiqué à la fois par les jihadistes de Daesh et par Jamaat-ul-Ahrar, une faction du mouvement taliban pakistanais (TTP). Les deux organisations ont donné des détails divergents, selon SITE, un centre américain spécialisé dans la surveillance en ligne des mouvances extrémistes.

Daesh Province de Khorasan, la branche du groupe au Pakistan et en Afghanistan, a revendiqué plusieurs attentats ces derniers mois au Baloutchistan, parfois en alliance avec des groupes islamistes locaux, dont le Jamaat-ul-Ahrar. L'explosion devant les bureaux du chef de la police a fait 13 morts et une vingtaine de blessés, touchés par des schrapnels, a indiqué le docteur Fareed Ahmed, médecin en chef de l'Hôpital civil.

Des habitants de Parachinar transportent un blessé après un double attentat sur un marché, le 23 juin 2017 au Pakistan [STR / AFP]
Des habitants de Parachinar transportent un blessé après un double attentat sur un marché, le 23 juin 2017 au Pakistan. [STR / AFP]

Parmi les victimes, neuf policiers ont été tués, selon le chef de la police de la ville, Abdul Razzak Cheema. La police a été prise pour cible, a indiqué un autre responsable policier, sans pouvoir préciser la nature exacte de l'explosion. A l'hôpital, des enfants s'inquiétaient au chevet de leurs proches allongés sur des civières souillées de sang. «J'étais assis quand il y a eu l'explosion, je suis tombé», a raconté à l'AFP une victime, Gulzar Ahmad, trop hébété pour donner davantage de détails.

Cette province frontalière de l'Iran et de l'Afghanistan est la plus vaste du Pakistan, mais ses quelque sept millions d'habitants se plaignent d'être marginalisés et spoliés de leurs riches ressources gazières et minières. Elle est secouée depuis plus d'une décennie par une insurrection séparatiste et des violences islamistes.

Des opérations militaires et de développement ont permis de faire nettement diminuer les violences ces dernières années, mais des attentats meurtriers s'y produisent toujours sporadiquement.

Les funérailles des policiers tués dans un attentat à Quetta, le 23 juin 2017 au Pakistan [BANARAS KHAN / AFP]
Les funérailles des policiers tués dans un attentat à Quetta, le 23 juin 2017 au Pakistan. [BANARAS KHAN / AFP]

La région est stratégique car c'est là que débouche le corridor économique sino-pakistanais (CPEC), un ambitieux projet de liaison routière, énergétique et de télécommunications ralliant la Chine à la mer d'Arabie via le port en eaux profondes de Gwadar au Baloutchistan.

Marchés ciblés

Beaucoup plus au nord, un attentat contre un marché bondé à l'approche des festivités de l'Eid el-Fitr a fait au moins 11 morts dans une localité principalement chiite des Zones tribales. La première explosion a eu lieu à l'heure de pointe sur un marché de Parachinar, capitale de la Zone tribale de Kurram, a indiqué Nasrullah Khan, un haut responsable local.

«Quand les secours se sont précipités sur le site pour aider les blessés, il y a eu une deuxième explosion», a-t-il précisé, faisant état de plus de 24 blessés, et d'un bilan qui pourrait encore grimper. Un autre responsable local a confirmé le bilan. Ils n'ont pas pu préciser la nature de l'explosion, qui n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

Les marchés de cette ville reculée, proche de la frontière afghane, ont déjà été visés par deux attentats majeurs cette année, qui avaient fait 22 et 24 morts. Depuis, «les bazars sont protégés par des barrières, et les véhicules n'y sont pas autorisés», a indiqué Sajid Hussain Turi, un élu local propriétaire du marché visé vendredi.

L'agence de Kurram, connue pour les heurts récurrents entre chiites et sunnites, est l'une des sept Zones tribales qui sont gouvernées selon des lois et coutumes spécifiques. Les musulmans chiites, représentant environ 20% de la population pakistanaise, sont considérés comme des hérétiques par nombre de groupes armés pakistanais d'obédience sunnite, qui les prennent régulièrement pour cible.

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