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Fiona est morte sous les coups et a été enterrée, avoue sa mère

Photo fournie le 13 mai 2013 par la police de la petite Fiona [- / Police/AFP/Archives] Photo fournie le 13 mai 2013 par la police de la petite Fiona [- / Police/AFP/Archives]

La petite Fiona n'a pas disparu mystérieusement dans un parc de Clermont-Ferrand comme le soutenait sa mère mais serait morte sous les coups portés par le compagnon de celle-ci, a-t-elle avoué mercredi.

 

Cécile Bourgeon, qui assurait jusqu'alors que sa fille avait disparu dans un parc alors qu'elle-même, enceinte, sommeillait sur un banc, a craqué à Perpignan sous les questions pressantes de la police judiciaire, selon une source proche de l'enquête: Fiona a été tuée à la suite de coups portés par son compagnon lors d'une soirée bien arrosée avec des amis, la veille ou l'avant-veille du 12 mai, date supposée de la disparition de la petite fille.

La fillette a ensuite été enterrée près de Clermont-Ferrand, a dit l'avocat de la mère, Me Gilles-Jean Portejoie. Il expliqué que sa cliente s'était montrée "très floue" sur le sujet. "Ca pourrait être dans une forêt aux environs de Clermont", a-t-il dit.

Cécile Bourgeon, 25 ans, avait suscité la compassion de la France entière en exprimant son désarroi et son désespoir dans les médias, reprochant aux enquêteurs de ne pas aller assez vite pour retrouver sa fille.

Mais sa version des faits, soutenue également par son compagnon Berkane Maklouf, n'a pas résisté à des semaines d'investigations policières scrupuleuses et a volé en éclats mercredi.

Le couple avait été placé en garde à vue mardi soir à Perpignan, où il avait emménagé il y a quelque temps. Cécile Bourgeon devrait être transférée à Clermont jeudi après avoir "extirpé un poids qu'elle ne supportait plus", a dit Me Portejoie par téléphone à l'AFP, alors qu'il avait quitté Perpignan pour regagner le Puy-de-Dôme tard mercredi soir.

Trois autres personnes sont gardées à vue dans cette affaire, à Clermont-Ferrand. Comme la mère et son compagnon, elles sont soupçonnées d'avoir été présentes lors de la soirée fatale.

Me Gilles-Jean Portejoie, avocat de Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, le 25 septembre 2013 à Perpignan [Raymond Roig / AFP]
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Me Gilles-Jean Portejoie, avocat de Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, le 25 septembre 2013 à Perpignan
 

Cécile Bourgeon racontait jusqu'à présent que la fillette de cinq ans avait disparu alors qu'elle jouait avec sa petite soeur au parc de Montjuzet, sur les hauteurs de la capitale auvergnate, et qu'elle-même, enceinte de six mois d'un enfant dont elle a accouché durant l'été, s'était assoupie.

Le procureur de Clermont-Ferrand, Pierre Sennès, disait initialement qu'il "n'y avait pas de raison de mettre en cause la parole de la mère", plusieurs témoins ayant corroboré la présence de Fiona dans le parc le jour de sa disparition.

Le parquet avait ouvert le 14 mai une information judiciaire pour "enlèvement et séquestration".

"Toxicomane notoire"

Mardi soir, une perquisition a eu lieu dans l'appartement loué par le couple dans un quartier populaire du nord de Perpignan. La voiture du couple a été saisie.

Des jeunes du quartier ont décrit Berkane Maklouf comme un "toxicomane notoire". "Dès qu'il est arrivé, il cherchait de l'héroïne et demandait où on pouvait en trouver", a dit l'un d'eux à une correspondante de l'AFP.

 
 

"Les enquêteurs n'ont pas mis la mère en garde à vue rapidement car elle était enceinte, mais ils auraient bien aimé. Elle a accouché en août, ils ont attendu un mois pour la mettre en garde à vue", selon une source proche de l'enquête.

Dans un premier temps, l'enquête s'était concentrée sur l'entourage de la mère, notamment un Algérien de 34 ans à l'encontre duquel elle avait porté plainte un an plus tôt pour "viol et séquestration". Cécile Bourgeon a été entendue début septembre dans ce dossier présenté comme distinct par le parquet comme partie civile.

Depuis quatre mois, les enquêteurs ont aussi épluché les centaines d'appels reçus sur le Numéro Vert national (0800 958 081) mis en place au lendemain de la disparition, et évoquant une présence de Fiona aux quatre coins du pays.

Parmi ces témoignages, en juin, une femme assurait avoir aperçu la fillette sur une plage de Perpignan, où vit sa grand-mère.

"J'espère revoir ma fille en entier", a déclaré à Clermont-Ferrand le père de Fiona et de sa soeur Eva, Nicolas Chafoulais, alors que les aveux de son ancienne compagne sur le décès de la fillette n'étaient pas encore connus.

Me Claude Savary, l'avocat de Nicolas Chafoulais, s'est dit attristé par la nouvelle. "En tant qu'homme, je suis extrêmement peiné d'apprendre cette nouvelle. C'était parti sur un enlèvement, beaucoup de moyens ont été mis en place", a-t-il dit. Il a expliqué n'avoir pu encore contacter son client, dont les relations avec Cécile Bourgeon n'étaient "pas au beau fixe" et celles avec Berkane Maklouf, "carrément désagréables".

 

 

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