En direct
A suivre

Vendée Globe : à quelques heures du départ

Le 2 novembre 2016 aux Sables-d'Olonne, les monocoques du 8e Vendée Globe qui patiront pour un tour du monde dimanche 6 novembre à 13h02 [JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP] Le 2 novembre 2016 aux Sables-d'Olonne, les monocoques du 8e Vendée Globe qui patiront pour un tour du monde dimanche 6 novembre à 13h02 [JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP]

Devant eux, encore quelques heures à terre puis l'immensité de l'océan : les 29 skippers du 8e Vendée Globe terminent leurs préparatifs aux Sables-d'Olonne avant de se lancer dimanche dans cette course démentielle, un tour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale.

De quoi se sentir comme un astronaute sur le pas de tir. Car le Vendée Globe, c'est l'épreuve de voile la plus folle, la plus dangereuse et la plus belle au monde. La course Majuscule. L'"Everest des mers", son surnom, est né en 1989 et se déroule tous les quatre ans avec des Imoca, des monocoques de 18,28 m.

A lire aussi : Vendée Globe : un skipper américain dit qu’il prendra son temps si Trump est élu

Les premiers devraient être de retour aux Sables-d'Olonne vers le 20 janvier. Petite révolution cette année: pour la première fois, 7 des 29 bateaux seront équipés de foils, "moustaches" qui les font s'élever au-dessus de l'eau.

Jérémie Beyou navigue à bord de son monocoque le 23 septembre 2016 au large de Lorient [DAMIEN MEYER / AFP/Archives]
Photo

ci-dessus
Jérémie Beyou navigue à bord de son monocoque le 23 septembre 2016 au large de Lorient

 

Ces dérives latérales réduisent le frottement de la coque avec l'eau et permettent aux monocoques qui en sont équipés d'atteindre des vitesses naguère réservées aux multicoques. Mais si les foils permettent d'aller plus vite à certaines allures, leur fiabilité -a fortiori dans une course aussi longue- est sujette à caution.

Le départ, qui sera donné par le prince Albert de Monaco dimanche à 13h02, se déroulera dans des "conditions très bonnes", estime le directeur de course Jacques Caraës. Des vents de nord/nord-ouest de 15-20 noeuds (28 à 38 km/h) permettront d'atteindre le cap Finisterre, au nord-ouest de l'Espagne, dès lundi matin pour les premiers.

A lire aussi : Armel Le Cléac'h : «Le Vendée Globe, c’est nos jeux Olympiques»

La houle ne dépassera pas un mètre, selon Bernard Sacré, météorologue à Great Circle, partenaire de la direction de course. «Ça va aller très vite», prédit M. Caraës. Ces conditions seront justement favorables aux bateaux équipés de foils.

Attention aux pêcheurs

Les organisateurs envisagent un passage aux Canaries en trois jours et demi, au Cap Vert en six jours, et le passage de l’Équateur 8 jours à 8 jours et demi après le départ. Attention toutefois au trafic commercial et aux pêcheurs dans le golfe de Gascogne, la partie du parcours que Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), l'un des favoris, "redoute le plus".

Le navigateur Romain Attanasio est photographié à travers une vitre de son monocoque le 1er novembre 2016 aux Sables-d'Olonne [LOIC VENANCE / AFP]
Photo

ci-dessus
Le navigateur Romain Attanasio est photographié à travers une vitre de son monocoque le 1er novembre 2016 aux Sables-d'Olonne

 

Cette année, une petite dizaine de concurrents jouera la gagne, avec des voiliers récents et parfaitement optimisés. D'autres -comme les quatre sexagénaires inscrits- seront là pour l'aventure. Neuf étrangers participent mais, véritable incongruité, aucune femme.

"Ce Vendée Globe réunit un plateau complètement disparate. Les profils des marins sont très variés, les différentiels de vitesse sont énormes entre les bateaux. Le spectre est beaucoup plus ouvert qu'il ne l'était auparavant. C'est le Vendée Globe des extrêmes", résume Jean Le Cam (Finistère Mer Vent), qui n'a pas manqué une édition depuis 2004.

Lorsqu'ils seront sortis du chenal des Sables, ces marins de l'extrême, ces aventuriers du Grand Sud, auront devant leurs étraves quelque 21.638 milles (environ 40.075 km) d'inconnu, de navigation dans les mers les plus dures du globe.

Oublié, le barnum des derniers jours, le ponton pris d'assaut par des dizaines de milliers de visiteurs, les myriades de sollicitations des sponsors, organisateurs et journalistes.

Plus fort que Phileas Fogg

Malgré un parcours toujours plus long, avec l'instauration de "portes de glaces" puis de zones d'exclusion qui interdisent aux concurrents de descendre trop au sud et de risquer une collision avec un iceberg, les marins du Vendée Globe tournent de plus en plus vite autour de la planète.

Armel Le Cléac'h  à bord de son monocoque le 31 octobre 2016 aux Sables-d'Olonne [JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP/Archives]
Photo

ci-dessus
Armel Le Cléac'h à bord de son monocoque le 31 octobre 2016 aux Sables-d'Olonne

 

Titouan Lamazou, le premier vainqueur, avait terminé sa circumnavigation en 109 j 08 h et 47 min. François Gabart, qui a remporté en 2013 la dernière édition, n'a mis que 78 j 02 h et 16 min. Plus fort que Phileas Fogg! La flotte comptera un ancien vainqueur, Vincent Riou (PRB), qui avait gagné en 2005, et des coureurs de dix nationalités différentes.

Les Français, qui règnent sur la voile océanique en solo depuis des décennies, sont largement majoritaires et seront une nouvelle fois favoris. Riou, Armel Le Cléac'h (Banque Populaire), deuxième des deux dernières éditions, Josse, Jérémie Beyou (Maître Coq), Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac), Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir), Paul Meilhat (SMA) et Morgan Lagravière (Safran) sont les meilleurs espoirs tricolores.

Le Vendée Globe 2016-2017 [Sabrina BLANCHARD / AFP]
Photo

ci-dessus
Le Vendée Globe 2016-2017

 

Certains étrangers ne leur feront pas de cadeau, à commencer par le Gallois Alex Thomson (Hugo Boss), qui, pour sa quatrième participation, rêve de faire triompher l'Union Jack aux Sables-d'Olonne.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités