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Marée noire : BP entend se battre "vigoureusement" au procès

Un navire pompe une nape de pétrole dans le Golfe du Mexique, le 9 juin 2010 [Spencer Platt / Getty Images/AFP/Archives] Un navire pompe une nape de pétrole dans le Golfe du Mexique, le 9 juin 2010 [Spencer Platt / Getty Images/AFP/Archives]

BP a martelé mardi qu'il allait se battre "vigoureusement" contre les accusations de faute lourde et les demandes de compensations "excessives" lors du procès au civil sur la marée noire de 2010 qui débute lundi aux Etats-Unis et pourrait lui coûter encore des milliards de dollars.

Le géant pétrolier britannique BP a assuré qu'il "se défendra vigoureusement contre les accusations de faute lourde", dans un communiqué à moins d'une semaine de l'ouverture de son procès au civil le 25 février devant un tribunal de La Nouvelle-Orléans.

Comme l'avait annoncé en novembre le ministre américain de la Justice, Eric Holder, les autorités américaines entendent en effet "prouver que BP a commis une faute lourde en causant une marée noire" il y a près de trois ans dans le Golfe du Mexique (sud des Etats-Unis).

L'explosion le 20 avril 2010 de la plateforme Deepwater Horizon, à 80 kilomètres au large de La Nouvelle-Orléans, avait fait onze morts et répandu des centaines de millions de litres de brut jusqu'à la fermeture du puits quatre mois plus tard.

"C'était un accident tragique, résultant de causes multiples et impliquant de multiples parties. Nous pensons fermement que nous n'avons pas commis de faute lourde", a insisté mardi le directeur juridique de BP, Rupert Bondy.

Alors que BP a "toujours été ouvert à des règlements à l'amiable en des termes raisonnables", selon M. Bondy, le groupe a décidé d'affronter la justice civile car les demandes de compensations étaient "excessives et sans rapport avec la réalité".

Si la faute lourde était prouvée, la sanction infligée à BP pourrait atteindre 4.300 dollars par baril de pétrole ayant fui de la plateforme, a-t-on appris auprès de BP. Dans le cas contraire, la pénalité serait d'un maximum de 1.100 dollars par baril.

Etant donné que le gouvernement américain estime que 4,9 millions de barils se sont échappés, l'amende pourrait donc atteindre 21 milliards de dollars en cas de faute lourde et 5,39 milliards si la faute lourde n'était pas prouvée.

Le sigle de BP dans une station service de Londres, le 30 octobre 2012 [Carl Court / AFP/Archives]
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Le sigle de BP dans une station service de Londres, le 30 octobre 2012
 

BP veut de son côté que le chiffre de 3,1 milliards de barils soit retenu pour calculer l'amende car il juge le chiffre des autorités surestimé de 20% et souhaite que les 810.000 barils que le groupe a récupérés avant qu'ils n'atteignent le rivage soient retranchés.

La quantification du nombre de barils sera abordé lors de la deuxième phase du procès en septembre, la première phase qui débute lundi devant se pencher sur les causes et les responsabilités dans la catastrophe, précise BP.

Le directeur juridique de BP espère en outre que le tribunal prendra en compte le fait que le groupe avait "immédiatement réagi et reconnu (son) rôle dans l'accident" au moment de fixer la sanction.

Le groupe britannique, à qui cette marée noire a failli coûter l'existence, a indiqué mardi avoir déjà dépensé plus de 23 milliards de dollars pour nettoyer les rives du golfe du Mexique et financer les accords à l'amiable conclus avec les victimes et les autorités.

BP était notamment parvenu en novembre à un accord avec Washington en s'engageant à payer plus de 4,5 milliards de dollars et en reconnaissant sa culpabilité. Mais cet accord n'avait mis fin qu'aux poursuites pénales fédérales et non aux poursuites civiles.

Le montant total des provisions passées par BP pour régler cette catastrophe, qui a encore plombé ses profits en 2012, dépasse les 42 milliards de dollars, un montant financé grâce à la cession de très nombreux actifs.

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