Nicolas Ternisien : "A vélo, le temps ne compte pas"

Par Direct Matin, publié le
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Nicolas Ternisien a tout quitté pour traverser la moitié du monde à vélo, du Japon jusqu’en France. [© Nicolas Ternisien]

Après avoir travaillé deux ans et demi dans un bureau d’études, Nicolas Ternisien a tout quitté pour traverser la moitié du monde à vélo, du Japon jusqu’en France.

Une expérience qu’il a voulu partager dans Un demi-tour, un récit de voyage qu’il autoédite aujourd’hui, truffé d’anecdotes autour de ses multiples rencontres. Avec une idée en tête, réaliser quelque chose d’incroyable dans sa vie.

 

Pourquoi avez-vous entrepris un tel voyage ? 

Un jour, j’ai eu une vision assez franche : si je devais mourir demain, je n’aurai pas le souvenir d’avoir fait quelque chose d’incroyable dans ma vie.

Beaucoup de gens me disent que c’est courageux d’être parti. Je leur réponds que le courage aurait été de rester.

 

L’envie d’écrire était-elle présente dès le départ ? 

C’est venu naturellement parce qu’il se passe tellement de choses quand on voyage dans ces conditions, tant de rencontres, que l’on se sent obligé de partager. Le livre a pris forme à partir de carnets sur lesquels je notais les réflexions que je trouvais intéressantes.

 

Durant un tel voyage, le rapport au temps change… 

A Paris, on n’a jamais le temps de rien. Lors d’un voyage à vélo, on ne se bat plus contre lui, le temps ne compte pas.

 

Vous dites que le vélo est un passeport à l'intégration

Dans les contrées où je suis allé, si vous êtes à vélo, c'est que vous êtes forcément quelqu'un de bien. Les gens ont un a priori positif. Dès que vous arrivez avec votre vélo, ils veulent vous aider, vous nourrir. Ils se disent « oh le pauvre, qu'est-ce que ça doit être dur. » On est forcément quelqu'un de sympathique.

Aussi, dans les pays que j'ai traversés, principalement en Moyen-Orient, ils n'avaient pas l'habitude de voir un occidental voyager par ses propres moyens. Ca les interpellait, les intéressait de me voir sortir de nulle part. Du coup, ils venaient me voir et la rencontre commençait. Les invitations suivaient généralement assez rapidement.

Je suis très heureux d'avoir fait ce voyage de cette façon-là parce que le fait de voyager ainsi, ça touche les gens et ça permet de meilleures rencontres.

 

Quels sont les souvenirs les plus forts ? 

Les rencontres et les passages marquants physiquement vous touchent fortement.

L'Indonésie m'a marqué car j'y ai connu ma plus grosse galère à vélo. J'ai mis deux jours et demi pour parcourir 4 km. Un moment très physique, dans des conditions très difficiles.

 

Vous dites dans le livre qu'à vélo, tout peut arriver, le meilleur comme le pire. N'avez-vous jamais eu peur ? 

L'Iran est un des pays les plus chaleureux dans lesquels j'ai été. Je n'ai jamais eu peur quand j'étais en Iran. Si vous êtes un homme, les gens viennent vers vous et vous proposent tout de suite de venir dîner chez eux. C'est comme notre bonjour. La coutume veut que l'on refuse une ou deux fois mais si la personne insiste, il faut y aller.

Quand je suis passé à la frontière avec l'Irak, c'était pendant une période assez tendue, j'ai donc été escorté par des militaires, et j'ai dormi en face de la base pour ma propre sécurité parce qu'il y avait des coups de feu.

 J'ai eu des petits déboires mais rien de jamais très méchant. Des petits vols. Et quelques petites rencontres masculines spéciales. Aucune personne n'a jamais essayé de m'attaquer…

 

Aujourd'hui, vous préparez-vous à repartir ? 

J'ai écrit mon livre, ce qui m'a pris un bon moment et depuis j'essaie de la faire connaître, je fais des conférences.... Comme je l'ai autoédité, c'est à moi d'aller le proposer dans les librairies.

Sinon, j'ai pris un visa travail-vacances pour la Nouvelle-Zélande où je vais partir dans un mois pour travailler pendant six mois à Oakland. Je repartirai à vélo après pour me balader à peu près deux mois et j'ai un contact pour travailler dans une école franco-zélandaise.

 

Un demi-tour, de N. Ternisien, 18 €, dans les Fnac à Paris et sur son site