Open d'Australie : Simon raconte son marathon

Par AFP, publié le
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Le Français Gilles Simon après sa victoire épique contre Gael Monfils à Melbourne le 19 janvier 2013 [Peter Parks / AFP]
Le Français Gilles Simon après sa victoire épique contre Gael Monfils à Melbourne le 19 janvier 2013 [Peter Parks / AFP]

Gilles Simon était tellement mal en point physiquement samedi soir après sa victoire en 4h43 sur Gaël Monfils à l'Open d'Australie qu'on lui a envoyé les pompiers: "il ne manquait plus que le révérend, le pasteur et le notaire", a raconté le Français dimanche.

"Ca va pas trop mal ce matin, ça allait beaucoup moins bien hier soir", a commencé par expliquer le Français qui, par "matin", entendait quatre heures de l'après-midi, sachant qu'il ne s'était levé que deux heures plus tôt.

Souriant, détendu en short et T-shirt, sans poche de glace ni bandage, il avait presque l'air de quelqu'un qui revient de vacances. Mais lorsqu'il a commencé à raconter sa partie épique, gagnée 6-4, 6-4, 4-6, 1-6, 8-6, et surtout l'après-match, on a compris qu'il revenait bien de l'enfer.

"A la sortie du court, il y avait cinq marches à monter et là j'ai eu des crampes généralisées. J'ai dû m'allonger, je ne pouvais plus marcher. J'ai eu un retour au vestiaire très pénible. C'était assez violent", a expliqué Simon, qui avait été dispensé de conférence de presse la veille "pour raisons médicales".

Comme il a été incapable de tenir debout, on lui a proposé une chaise roulante pour l'amener au vestiaire, qu'il a vaillamment refusée, pour s'y rendre par ses propres moyens, appuyé sur deux membres de l'organisation.

Il a passé les deux heures suivantes à tenter de récupérer à travers des massages et des étirements, sans toutefois aller à l'hôpital. "Musculairement j'avais mal partout. La récupération a été très compliquée. Je crois que pendant la première heure j'étais juste étalé sur la table", s'est-il souvenu.

"A un moment ils m'ont envoyé tout le monde, les pompiers... il ne manquait plus que le révérend, le pasteur et le notaire, a-t-il plaisanté. J'avais deux physios juste pour moi. Mais au bout de deux heures ça allait un peu mieux".

Retour alors à l'hôtel pour continuer les soins, "boire une bière!", et se coucher à cinq heures du matin, mais pas dans le lit conjugal.

"Ma femme avait envoyé un message à mon kiné pour lui dire qu'il fallait pas que je vienne dans la chambre car le petit (son fils) allait me réveiller. J'ai donc dormi dans la chambre du kiné", a-t-il raconté, sourire en coin.

Au réveil, il ne lui restait parfois que des flashes de son match contre Monfils. Surtout sur la fin, où il a joué "comme dans un rêve" pour vivre une sorte d'expérience extra corporelle, puisqu'il n'avait "plus l'impression d'être sur le court" et qu'il frappait dans la balle "comme un robot".

"Je me demande encore comment j'ai réussi à gagner ce cinquième set", a ajouté Simon, qui a souffert de crampes pour la première fois de sa vie. "Je ne suis pas arrivé avec la meilleure des préparations. Je n'étais pas prêt à ça."

Cela ne l'a pas empêché de faire des échanges interminables avec son copain, dont un à 71 coups, un record à Melbourne selon les organisateurs. "Il n'aime pas rater et moi non plus, il défend bien et moi aussi", a expliqué le N.3 français, soigné comme Monfils à de multiples reprises sur le court.

Mais il n'avait "pas de raisons d'arrêter" et sera aussi sur le terrain lundi face à Andy Murray, a-t-il rassuré les journalistes britanniques. "Ne vous inquiétez pas, je serai là. Je vais y aller set par set. C'est un match que j'ai envie de jouer. J'espère juste que je serai à peu près présentable."