Petit manuel de survie à l’usage des femmes de fan de foot

Par Direct Matin, publié le
GooglePlus Facebook Twitter Pinterest Linkedin Commentez cet article Envoyez le par mail Imprimez le
Des supporters de l'équipe de France de football
Le Social Issues Research Center, le plus grand institut de recherche sociologique britannique, a publié une étude menée auprès de 20.000 hommes issus de douze pays européens, qui n’a rien d’excitante : 60% d’entre eux préfèrent en effet regarder un bon match plutôt que d'avoir des relations sexuelles.[TORSTEN SILZ / AFP]

23 Bleus, 31 matches, 50 heures de retransmission et 3 milliards de téléspectateurs…A partir de ce soir, la moitié de la population mondiale, c'est-à-dire tout ce que la terre compte d’hommes,  va vivre pendant trois semaines au rythme de l’Euro 2012. Mesdames, voici quelques clés qui vous aideront à mieux comprendre pourquoi la gent masculine est définitivement accro au ballon rond.

  • Pourquoi les hommes aiment-ils le foot ?

Cela pourrait passer pour de la psychologie de comptoir. C’est pourtant le strict reflet de la réalité. Faufilez-vous dans n’importe quel square et observez le comportement des pères avec leurs enfants : à leurs filles, ils envoient instinctivement la « baballe » à la main. Avec  leurs fils, en revanche, ils jouent immédiatement ballon au pied, avec force dribbles, tacles et ahanements.  Comme les petites voitures et les pistolets en plastique, le football est une culture qui se transmet de père en fils : un rite initiatique et un passage obligé qui marquent l’entrée dans le monde merveilleux de la virilité.

  • Pourquoi deviennent-ils supporters ?

Freud le clamait haut et fort : le fait d’être doté d’un pénis donne aux hommes le sentiment de faire partir du clan de « ceux qui en ont un », par opposition, bien-sûr, à celles qui n’en ont pas ! En résumé, ils ont un besoin, souvent impérieux, de s’identifier à des communautés. Celle du football, masculine et universelle, leur procure ce rassurant sentiment d’appartenance à un groupe, qui fait fi de toutes les origines ethniques et sociales comme des croyances religieuses ou politiques. C’est surtout le dernier espace dont les femmes, qui les ont rattrapés voire dépassés dans bien des  domaines, sont encore exclues !

  • Pourquoi se comportent-ils comme des gosses de deux ans devant un match ?

Lorsqu’ils regardent un match, les hommes hurlent, pleurent, tremblent, chantent, s’embrassent, s’insultent, s’engueulent…Bref, ils expriment des sentiments auxquels ils ne se sont plus autorisés à laisser-libre court depuis qu’ils ont du poil aux pattes.  Alors qu’ils sont souvent  dans la retenue lorsqu’ils sont au bureau, en société ou en famille, et que leur sens de la discussion et de la communication en couple confine parfois à l’autisme, le football est un véritable théâtre émotionnel à l’ambiance et aux règles de conduite permissives, où ils se laissent complètement aller, sans aucune appréhension ni aucune honte.

  • Pourquoi ont-ils une fâcheuse tendance à manger n’importe quoi et à boire devant un match ? 

Le FBP –football, bière, pizza-  est une trilogie qui constitue la diététique de base de tout supporter qui se respecte et qui s’explique de manière tout à fait scientifique. Face au football, les hommes sont soumis à d’intenses pressions : une énorme phase d’espoir avant la rencontre, un stress démesuré durant le match et une joie intense ou une terrible déception selon que leur équipe ait gagné ou perdu. Toutes ces émotions et l’agitation physique qui  les accompagne  leur font consommer du glucose, le carburant de base du cerveau et des muscles. Pour recharger leurs batteries avant le prochain match, ils ont donc besoin d’une alimentation riche en glucides, présents en large quantité dans la pizza comme dans la bière…

  • Pourquoi sont-ils intimement persuadés que l’arbitre est aveugle ?

Le football, sur le papier, incarne un monde idéal et parfaitement démocratique. Il promeut l’ascension sociale, puisque le dernier peut devenir le premier, mais aussi le mérite et la solidarité. Des valeurs bon enfant, auxquels les hommes s’identifient totalement. Ajoutez à cela le fait qu’ils ne font pas  que regarder le match mais qu’ils ont l’impression d’y participer, via des joueurs auxquels ils s’identifient totalement. Rajoutez un arbitre : le 12e homme, qui ne court jamais assez vite. Et vous obtiendrez le miroir de la vie sociale : un monde d’injustices, stigmatisées par cet arbitre qui est soi-disant là pour faire respecter les règles mais qui n’est jamais au bon endroit au bon moment, et qui, comme leur patron, est un incapable de première.

  • Pourquoi préfèrent-ils encourager les Bleus plutôt que de faire un gros câlin ?

Le Social Issues Research Center, le plus grand institut de recherche sociologique britannique, a publié une étude menée auprès de 20.000 hommes issus de douze pays européens, qui n’a rien d’excitante : 60% d’entre eux préfèrent  en effet regarder un bon match plutôt que d'avoir des relations sexuelles. Tous justifient cette inclination par le fait qu’une rencontre footballistique  leur procure une montée d’adrénaline incomparable et une excitation intense pendant 90 minutes. Dans un aveu de goujaterie, ils confessent également que leurs joueurs préférés les déçoivent rarement, au contraire de leurs femmes. La seule note réjouissante de cette désolante enquête, c’est que les Français tiennent quand même leur rang de « french lover », puisqu’ils ne sont que 38% à préférer le football au sexe ! 

  • Pourquoi le foot est-il dangereux pour la santé ?

Rares sont les supporters qui suivent la même hygiène de vie que celle de leurs champions préférés. Du coup les dommages collatéraux liés au football sont réels : + 51% d’accidents cardio-vasculaires aux Pays-Bas le 22 juin 1996, après l’élimination de l’équipe nationale par la France, en quarts de finale de l’Euro, à l’issue des tirs aux buts. + 25% d’arrêts cardiaques Outre-manche le 30 juin 1998 après que l’Angleterre eut cédé face à l’Argentine, en huitièmes de finale du Mondial, toujours à l’issue des tirs aux buts. Les études médicales en ce sens sont légion. Reste que le  « supporteurisme » peut avoir des points positifs : une étude, réalisée l’an dernier par la très prestigieuse Harvard Medical School auprès de 40.000 hommes fans de football, a démontré que le fait d’être supporter améliorait notoirement leurs facultés de sociabilité, d’estime de soi et d’optimisme. Bref, le foot permet aux hommes de mourir heureux...

A lire aussi : Tout ce que vous devez savoir sur l'Euro

Pour découvrir en images  la vie merveilleuse des Bleus à l’Euro, cliquez ici !