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"Abattre Nicolas Sarkozy et ses proches", "une obsession d'Etat", accuse Guéant

Claude Guéant le 27 mai 2012 à  Boulogne-Billancourt [Thomas Samson / AFP] Claude Guéant le 27 mai 2012 à Boulogne-Billancourt [Thomas Samson / AFP]

L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, lui-même gardé à vue dans deux affaires distinctes, s'indigne lundi dans Le Figaro de la garde à vue de son mentor Nicolas Sarkozy, assurant qu'"abattre" l'ancien président et ses proches est devenu "une obsession d'Etat".

"Ce que j’ai dénoncé, c’est que les collaborateurs de François Hollande se soient donné les moyens d’accéder aux archives de Nicolas Sarkozy et les détiennent", déclare l'ancien secrétaire général de l'Elysée sous M. Sarkozy. "C'est un scandale...Plus largement, je dénonce l’instrumentalisation de la justice. Abattre Nicolas Sarkozy et ses proches est devenu une obsession d’État", lance-t-il à l'adresse du pouvoir socialiste.

"Je constate que tout est programmé et médiatiquement maîtrisé", poursuit M. Guéant. "Et c’est toujours à un moment où cela arrange le pouvoir en place que des documents ou pseudo-révélations apparaissent".

"En décembre, alors que j’étais entendu, l'officier de police judiciaire en charge du dossier a reçu un appel téléphonique du ministère de l’Intérieur pour connaître mes déclarations. Cela ressemblait fort à un appel de +cabinet noir+", accuse l'ancien ministre.

Interrogé sur sa réaction après la garde à vue de Nicolas Sarkozy, M. Guéant estime que "par respect pour la fonction présidentielle, il eût été préférable d'entendre Nicolas Sarkozy sous un autre régime". "Ensuite", ajoute-t-il, "la mise en examen ne signifie en rien une culpabilité. Enfin, il est souhaitable que la justice traite cette affaire dans les meilleurs délais : l’avenir de la France ne peut pas se jouer sur une décision de mise en examen".

Au sujet d'un éventuel retour de M. Sarkozy à la tête de l'UMP, M. Guéant "trouve qu’il eût mieux valu qu’il ne revienne pas aussi tôt dans la vie politique de tous les jours". Avant d'ajouter sans beaucoup de suspense que "l'UMP ne peut continuer ainsi, avec des chefs qui donnent le sentiment aux Français de négliger leurs préoccupations, en ne s’intéressant qu’à leur propre destin. Il faut un +patron+ qui fasse l'unité".

Concernant ses propres ennuis judiciaires, "dans ma famille politique, les témoignages de soutien privés ont été nombreux", dit l'ex-ministre, "moins les témoignages de soutien publics".

M. Guéant a été placé en garde à vue fin 2013 dans l'affaire des primes en liquide quand il dirigeait le cabinet de M. Sarkozy place Beauvau et en mai 2014 dans l'affaire de l'arbitrage Tapie/Crédit Lyonnais.

 

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