Cahuzac ne sera pas candidat à la législative partielle

Par AFP, publié le
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L'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, à Paris, le 4 octobre 2012 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]
L'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, à Paris, le 4 octobre 2012 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]

L'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac a annoncé dans la Dépêche du Midi qu'il renonçait à contrecoeur à se présenter à la législative partielle dans sa circonscription lot-et-garonnaise, en signifiant qu'il avait beaucoup espéré ce "rendez-vous" qui donnait des sueurs froides au Parti socialiste.

"Je ne serai pas candidat. J'espère que chacun comprendra et respectera ce choix douloureux et qui me fut bien difficile à faire", a déclaré M. Cahuzac dans un entretien à paraître dimanche dans la Dépêche.

Cette annonce devrait soulager le PS qui envisageait avec inquiétude de voir M. Cahuzac briguer le siège qu'il avait quitté dans la troisième circonscription pour faire partie du gouvernement et dont il avait démissionné après avoir été forcé de quitter ce même gouvernement.

Le renoncement de M. Cahuzac, "était la seule décision possible", a réagi le chef du Parti socialiste du Lot-et-Garonne Matthias Fekl, "cette décision s'imposait. Elle va permettre maintenant à cette campagne d'aborder les vrais sujets".

Cependant, M. Cahuzac laisse entendre que ses motivations ne sont pas dans les préoccupations socialistes, ni dans les éventuelles accusations d'indécence d'une candidature de sa part.

 

"Indécent ou impudique"

"S'en remettre au suffrage universel serait-il donc indécent ou impudique ? À croire que certains avaient peur de ce que le peuple dirait", dit-il.

M. Cahuzac explique avoir surtout craint "une campagne violemment haineuse avec un harcèlement médiatique incessant, rendant toutes les explications difficiles ou impossibles, compromettant ou gâchant le rendez-vous que j'espérais avec les électeurs".

La législative des 16 et 23 juin passait pour une occasion de tourner la page de la retentissante affaire Cahuzac qui a valu de durs moments au gouvernement.

Accusé depuis décembre de fraude fiscale par Mediapart, M. Cahuzac a nié en public et devant le parlement avant d'être poussé à la démission le 19 mars au moment de l'ouverture d'une information judiciaire le visant.

M. Cahuzac a fini par avouer avoir détenu un compte bancaire en Suisse. Dans une confession télévisée le 16 avril, il indiquait que la somme placée à l'étranger s'élevait à 600.000 euros, comme il l'a dit aux magistrats.

Exclu du Parti socialiste, mis en examen, il a aussi démissionné de son mandat de parlementaire, provoquant une législative partielle.

 

"Je paierai ma dette"

Le socialiste Bernard Barral, candidat à la législative partielle dans le Lot-et-Garonne, le 30 avril 2013 à Villeneuve-sur-Lot [Mehdi Fedouach / AFP/Archives]
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Le socialiste Bernard Barral, candidat à la législative partielle dans le Lot-et-Garonne, le 30 avril 2013 à Villeneuve-sur-Lot
 

Depuis des jours, le suspense grandissait sur une possible candidature de sa part. Cahuzac lui-même a nourri les spéculations en faisant son apparition le 11 mai sur le marché de Villeneuve-sur-Lot, dont il a été le maire de 2001 à 2012.

Le dépôt officiel des candidatures devait s'ouvrir lundi pour s'achever le vendredi 24 mai à 18H00.

"Je n'aurais jamais demandé au suffrage universel de m'amnistier et le processus judiciaire serait évidemment allé à son terme", dit M. Cahuzac dans la Dépêche du Midi, "d'ores et déjà, sachez que j'ai fait procéder au rapatriement des montants litigieux. Ils sont en France à la disposition de la justice. Je paierai ma dette. Et je ferai don du reliquat, s'il existe, à des oeuvres caritatives de l'arrondissement de Villeneuve".

M. Cahuzac reconnaît qu'il "y a eu faute, mais j'espère être jugé aussi sur l'action menée pendant toutes ces années", dans le Lot-et-Garonne, au Parlement ou au gouvernement.

Un sondage Ifop diffusé vendredi lui prédisait pourtant un sombre destin; loin des 61,48% recueillis au 2e tour en 2012, il serait arrivé quatrième au 1er tour avec à peine 11%, derrière les candidats UMP (27%) et FN (22%). Sa candidature aurait entraîné l'élimination du PS dès le 1er tour.

En revanche, sans M. Cahuzac, le candidat socialiste Bernard Barral accéderait au second tour (23%), derrière l'UMP Jean-Louis Costes (30%).

Le président François Hollande lui-même a estimé jeudi que M. Cahuzac "ne devrait pas se présenter à quelque élection que ce soit".