Peillon ne veut pas importer dans l'école les débats de société

Par AFP, publié le
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Vincent Peillon le 22 novembre 2012 à Paris [Joel Saget / AFP/Archives]
Vincent Peillon le 22 novembre 2012 à Paris [Joel Saget / AFP/Archives]

Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a appelé lundi sur RTL à ne "pas importer dans l'école des débats qui doivent avoir lieu dans la société", après avoir été accusé par la droite de vouloir rallumer la guerre scolaire autour du mariage homosexuel.

"Il y a un principe qui est assez simple dans notre école, sur des sujets qui intéressent les adultes, c'est la neutralité de l'école, nous ne faisons pas dans l'école de prosélytisme, nous veillons à respecter toutes les consciences", a-t-il déclaré.

"Dans la rue, nous pouvons manifester nos opinions", a-t-il poursuivi à moins d'une semaine de la manifestation contre le mariage homosexuel à l'appel d'un collectif d'associations catholiques.

"Je promeus dans ce pays une laïcité ouverte, il n'y aura pas de guerre scolaire", a-t-il assuré. "La neutralité, ça vaut pour tout le monde, y compris les établissements publics", a-t-il précisé.

M. Peillon avait écrit vendredi aux recteurs, leur demandant "la plus grande vigilance" sur des débats autour du mariage homosexuel dans l'enseignement catholique, qualifiant de "faute" une lettre du directeur de l'enseignement catholique, Eric de Labarre, aux chefs d'établissement leur indiquant qu'ils pouvaient mettre en place des débats.

"Sa lettre était une maladresse, je crois qu'il a rectifié" vendredi, a estimé M. Peillon lundi sur RTL.

M. de Labarre avait déclaré à l'AFP qu'il évoquait des débats "entre adultes", entre "professionnels de l'éducation" et réaffirmé la neutralité de l'enseignement. "Il n'est pas question d'organiser spontanément des débats dans les classes avec les élèves".

M. Peillon a assuré que des cas de prosélytisme lui avaient été signalés, sans précision.

En décembre, les associations de lutte contre l'homophobie "ont reçu trois à quatre fois plus d'appels" de jeunes "en détresse" que les années précédentes, "il faut faire attention", a déclaré le ministre.

"Les enfants ont des interrogations, mais nous n'avons pas la naïveté de croire lorsque nous sommes des adultes responsables, que nous ne sommes pas dans un moment particulier. Pour ce sujet, comme pour d'autres, je pense que cela ira mieux, pour en parler tranquillement et sereinement, dans six mois, dans un an", a-t-il estimé.

"Il y a effectivement une conflictualité politique, il y a des instrumentalisations par des gens qui sont peut-être des deux côtés d'ailleurs, des extrémistes, et la responsabilité des uns et des autres est d'éviter que cela gagne les salles de classe".