Frigide Barjot : "Mariage gay ? Mon utérus crie non !"

Par Direct Matin, publié le
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Frigide Barjot fait partie des organisateurs de la "manif pour tous" hostile au projet de loi sur le mariage gay
Frigide Barjot fait partie des organisateurs de la "manif pour tous" hostile au projet de loi sur le mariage gay [Lamachere Aurélie / Baltel / Sipa]

Humoriste, fondatrice du « Collectif pour l’humanité durable »,  Frigide Barjot fait partie des initiateurs de « La manif pour tous » prévue samedi contre le projet de loi en faveur du « mariage pour tous ».

 

Quelques mots sur l’origine de cette mobilisation…

Derrière nous, il n’y a ni réseaux, ni dirigeants politiques ou religieux. Tout est parti il y a trois semaines de quelques individus comme Laurence Tcheng du mouvement « La gauche pour le mariage républicain », un jeune homosexuel, Xavier Bongibault pour « Plus gay sans mariage » ou moi-même pour le « Collectif pour une humanité durable ». En province d’autres associations sont mobilisées, comme « Cosette et Gavroche » à Lyon.

 

Quel message cherchez-vous à porter ?

Ce que nous voulons, c’est défendre le mariage civil et la filiation en découlant qui sont des structures fondamentales de la République. Notre démarche est civique, pas religieuse. La présence à nos côtés de Camel Bechikh pour les « Fils de France » ou bien celle de Lionel Lumbroso pour « David et Eugenia » est un signe de notre diversité. Peu importent les orientations politiques, religieuses ou sexuelles, tout le monde est attendu à la « Manif pour tous ».

 

Attendez-vous la venue à vos côtés de personnalités ?

Nous comptons particulièrement sur les maires qui sont invités à venir avec leurs écharpes tricolores. Si des responsables religieux se joignent à la manifestation, ils sont les bienvenus. Nous leurs disons seulement de venir en tant que citoyens, et non comme représentants d’une autorité morale.

 

On reproche aux opposants au mariage gay de drainer une idéologie homophobe…

Il est clair que nous condamnons toute forme d’homophobie. Notre combat porte aujourd’hui sur l’état civil, sur les structures de filiation. Nous refusons qu’un jour l’on puisse « fabriquer des enfants » hors de toute filiation naturelle. Il n’est pas question d’homophobie dans tout cela.

 

Êtes-vous dès lors favorable à un aménagement du PACS ?

En effet, il faut repérer et traiter un certain nombre d’injustices, notamment fiscales et patrimoniales, qui touche les couples homosexuels. Il faut également se pencher sur les familles homoparentales – c’est évidemment une réalité, même si elle est minoritaire - et réfléchir à un statut de beau-parent qui ne tranfère pas la parenté

 

Et concernant le projet de loi qui a été validé en conseil des ministres, concrètement, quelles sont vos revendications ?

Déjà, nous avons la satisfaction de constater que le débat est en train de naître. On commence à comprendre de quoi il s’agit vraiment. Ensuite, nous voulons aller plus loin. Organiser de grands états généraux de la famille pour réfléchir en profondeur sur la définition du mariage et de la filiation. Enfin, nous réclamons un référendum sur ce projet de loi.

 

Hervé Vilard, Catherine Lara ou Dave : tous ces artistes qui ne cachent pas leur homosexualité, sont hostiles au mariage gay. Vous qui connaissez bien ce milieu, cela doit vous faire plaisir, mais est-ce que cela vous surprend ?

Pas du tout. Cela me fait plaisir bien sûr, ce sont mes idoles. Cette génération « Âge tendre et tête de bois » montre qu’elle a aussi la tête bien faite. Ces artistes ont compris que la question de la filiation n’a rien à voir avec celle de l’homosexualité. Et en refusant le mariage gay, ils cultivent ce qui fait leur singularité et leur richesse : la subversion homo !

 

Fondamentalement, que craignez-vous ?

Derrière ce projet, nous identifions une volonté d’institutionnaliser la théorie du genre. Ou plutôt l’idéologie du genre. Cela conduirait à la négation de la sexuation et de la filiation biologique. Avec l’adoption, la procréation médicalement assistée ou la gestation pour autrui, l’enfant n’aura plus accès à des branches entières de son ascendance. Pourra-t-on dire un jour : « Nicolas, né de Valérie et Véronique » ? Ce n’est pas possible. Mon utérus crie non !

 

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