Les employés de journaux veulent du papier

Par AFP, publié le
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Des employés de journaux manifestent à Caracas pour demander du papier, le 28 janvier 2013 [Juan Barreto / AFP]
Des employés de journaux manifestent à Caracas pour demander du papier, le 28 janvier 2013 [Juan Barreto / AFP]

Quelque 500 employés de journaux vénézuéliens ont manifesté mardi à Caracas pour exiger du gouvernement qu'il leur alloue des dollars afin d'acheter du papier, dont la pénurie menace plusieurs parutions régionales et nationales.

Au cri de "Libérez les devises, la presse agonise!", journalistes, commerciaux et employés d'imprimerie se sont rassemblés devant la Commission d'administration de devises (Cadivi, publique), chargée de vendre des dollars aux entreprises dans le cadre d'un strict contrôle des changes en vigueur depuis 2003.

"Plusieurs quotidiens risquent de fermer, nous parlons de 30.000 emplois en danger. Parmi les 20 quotidiens les plus touchés, 13 ont déjà dû interrompre leur parution et le reste a dû réduire la pagination", a expliqué à l'AFP Tinedo Guia, président du Collège national des journalistes.

M. Guia voit dans ces blocages une intention du gouvernement "de restreindre l'information et de contrôler les médias".

Juan Carlos Salas, codirecteur du quotidien local El Impulso, doyen de la presse vénézuélienne créé en 1904 à Barquisimeto (ouest), a notamment confié avoir "du papier pour 15 jours" au terme desquels il devra prendre des mesures drastiques.

Le Venezuela, pays aux plus importantes réserves mondiales de brut, est toutefois fortement dépendant des importations pour s'approvisionner en produits de consommation courante.

Le manque de dollars, dû à un drastique contrôle des changes imposé il y a dix ans par les autorités pour endiguer la fuite des capitaux, limite les capacités d'achat des importateurs de papier et d'autres produits nécessaires aux fonctionnement des rotatives, comme les planches d'impression ou l'encre.

Afin d'être en mesure d'acheter leur papier à l'étranger, les journaux doivent effectuer de lourdes démarches administratives pour obtenir des dollars au taux officiel de 6,30 bolivares pour un dollar, alors que la devise cote à 10 fois plus sur les marchés parallèles.

Certains journaux comme El Impulso ont déjà obtenu l'aval de la Cadivi, mais les dollars n'ont toujours pas été débloqués, ce qui inquiète les parutions tenu compte du fait que les délais de livraison peuvent parfois atteindre deux mois.