Remboursement de l'avortement : les Suisses vont voter

Par Direct Matin, publié le
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Séance de votation en Suisse (archives) [SEBASTIAN DERUNGS / AFP]

"Financer l'avortement est une affaire privée" : tel est l'intitulé d'une initiative populaire fédérale qui sera soumise au vote des Suisses le 9 février. L'objectif de ses promoteurs est de mettre fin au remboursement de l'IVG.

 

Si la Suisse était connue naguère pour accueillir les femmes enceintes françaises qui souhaitaient avorter, avant le vote de la loi Veil en 1975, le référendum prévu le 9 février prochain indique néanmoins que le débat n'est pas clos chez nos voisins helvètes.

Les Suisses devront en effet se prononcer ce jour-là par votation sur une initiative populaire fédérale baptisée "Financer l'avortement est une affaire privée" déposée en juillet 2011 après avoir récolté le nombre suffisant de signatures de citoyens, soit 109.600.

Ce texte, conçu par des représentants des mouvements conservateurs suisses (UDC, PDC, PEV et UDF), remet en cause le principe de la prise en charge de l'avortement par le régime de base de l'assurance-maladie. Ils estiment en effet que l'IVG, choix d'ordre privé, n'a pas à être financé par l'ensemble des citoyens.

Par ailleurs, le comité interpartis à l'origine de cette initiative, estime sur un site internet  que l'avortement n'est pas une maladie, et ne saurait dès lors être prise en charge par l'assurance... maladie.

 

Affiche du comité interpartis à l'origine de l'initiative populaire (DR)

 

Cette initiative a suscité de vives réactions, en particulier chez ceux qui y voient une attaque contre le principe même du droit à l'avortement. Un comité regroupant des mouvement politiques de gauche dénonce ainsi ce projet qui "pénalise les femmes, (...) dégage les hommes de toute responsabilité, (et) ne génère aucune économie".

 

Logo du comité interpartis opposé à l'initiative populaire (DR)

 

Cette votation intervient alors que le débat sur l'IVG connaît un sursaut en Europe. En Espagne, une loi restrictive a été adoptée fin décembre. Au Vatican, c'est le pape François qui a fait part de son "horreur" de l'avortement à l'occasion de ses voeux au corps diplomatique (à 27'22''). En France, enfin, les adversaires de l'avortement organise dimanche leur rassemblement annuel : la "Marche pour la Vie".

 

 

 

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