Oscar Pistorius : la déchéance d’un héros

Par Direct Matin, publié le
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Oscar Pistorius, accusé de meurtre avec préméditation, au tribunal de Pretoria, le 19 février 2013.
Oscar Pistorius, accusé de meurtre avec préméditation, au tribunal de Pretoria, le 19 février 2013.[AFP]

«Je n'avais pas l'intention de tuer ma petite amie.» Incapable de s’exprimer par lui-même, Oscar Pistorius a laissé son avocat prononcer à voix haute ses déclarations, mardi, au premier jour de son audience dans un  tribunal de Pretoria.

 A chaque évocation de la victime, Reeva Steenkamp, l’athlète a fondu en larmes. S’il n’a pas nié lui avoir tiré dessus, il a plaidé l’homicide involontaire. Pourtant, les éléments à charge s’accumulent, mettant peu à peu à mal la thèse de l’accident

Tout d’abord, la découverte à son domicile d’une crosse de cricket ensanglantée, qui aurait servie à défoncer la porte de la salle de bain. Un élément difficilement conciliable avec la ligne de défense de Pistorius, qui prétend avoir été réveillé en sursaut par un intrus.

Le procureur a également expliqué mardi que l’athlète aurait pris le temps d’enfiler ses prothèses et aurait marché sept mètres avant de tirer à travers la porte. Des informations accablantes qui ont amené le parquet sud-africain à retenir contre lui le meurtre avec préméditation (une «schedule 6 offence», l’infraction la plus grave). Pour ce crime, il risque la prison à perpétuité.

 

Du rêve au cauchemar

C’est un incroyable destin pour un homme qui était parvenu au sommet à force de courage. Né sans péroné, et amputé sous les genoux à l’âge de onze mois, il avait su transformer son handicap en moteur. Il est devenu un des plus grands athlètes paralympiques (9 médailles dont 6 d’or).

Très vite, il a également endossé le rôle de héros en Afrique du Sud ainsi que dans le monde entier. Modèle sportif et modèle de vie pour toute une génération. Un conte de fée dont l’apothéose a été les Jeux olympiques de Londres, l’été dernier. Il y était devenu le premier coureur handisport de l’Histoire à participer à la compétition en compagnie des valides.

Pour Time magazine, qui l'a inclus dès 2008 dans sa liste des cent personnes les plus influentes au monde, il était « la définition même de l'inspiration au niveau mondial».

 

Une paranoïa grandissante

Paradoxalement, ce sont peut être les JO qui ont entraîné sa chute. «Un sportif est en construction jusqu’à l’obtention de son objectif, explique Jean-Cyrille Lecoq, psychologue du sport. Une fois atteint, il existe une perte de repères.» Pour Pistorius, qui a admis dormir toutes les nuits avec son 9 mm sous l’oreiller, la fragilité semblait être de la paranoïa.

Pourrait-elle avoir été accentuée par la prise de stéroïdes, alors que certains médias sud-africains ont évoqué leur présence à son domicile ? Ces produits sont en tout cas connus pour provoquer de nombreux troubles du comportement.

 Les éléments sont d’autant plus troublants que l’athlète ne semblait pas aller très bien. Il venait ainsi de demander des licences pour de nouvelles armes. Un arsenal de guerre totalement disproportionné pour quelqu’un vivant dans une résidence privée ultra-sécurisée.

 

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