Romney - Obama : 1-0

Par AFP, publié le
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Mitt Romney et Barack Obama le 3 octobre 2012 avant leur premier débat télévisé à Denver [Win Mcnamee / Getty Images/AFP]
Mitt Romney et Barack Obama le 3 octobre 2012 avant leur premier débat télévisé à Denver [Win Mcnamee / Getty Images/AFP]

Barack Obama et Mitt Romney se sont affrontés mercredi sur leurs plans fiscaux et d'assurance-maladie respectifs lors de leur premier télévisé à Denver au Colorado (ouest), à cinq semaines de l'élection présidentielle.

Le démocrate sortant, le visage fermé, visiblement tendu, a repris la matière de ses discours électoraux pour assurer que le plan de l'ancien gouverneur républicain du Massachusetts (nord-est) allait creuser le déficit de 5.000 milliards de dollars supplémentaires, ce que M. Romney a vigoureusement démenti.

Selon la chaine CNN qui a réalisé un sondage auprès des Américains, 67% des téléspectateurs ont été convaincus par Mitt Romney contre 25% pour Barack Obama.

M. Obama est arrivé à Denver, lieu du premier des trois débats qui l'opposeront à M. Romney d'ici à l'élection du 6 novembre, avec une légère avance dans les sondages, plus marquée dans certains Etats-clé qui pourront faire la différence le jour du scrutin.

Dans un débat qui a démarré sur un ton courtois mais ferme, et a pris des aspects parfois très techniques, M. Romney a affirmé que l'économie américaine avait suivi un "chemin infructueux" depuis le début de la présidence Obama, en janvier 2009, en affirmant que la classe moyenne avait été "écrasée", reprenant les mots-mêmes récemment prononcés par le vice-président Joe Biden dont les républicains se sont emparés.

"Le président a une vision très similaire à celle qu'il avait quand il s'est présenté il y a quatre ans, celle d'un gouvernement plus important, avec plus de dépenses, plus d'impôts, plus de régulations", a assuré le candidat conservateur, qui est apparu très combatif quand M. Obama semblait moins à l'aise.

"Le fait est que si vous baissez les taux d'impositions de la façon que vous décrivez, M. le gouverneur, il ne serait pas possible d'identifier suffisament d'abattements et de niches fiscales qui affectent seulement les individus aux hauts revenus pour empêcher d'augmenter le déficit", a répondu M. Obama.

De son côté, M. Romney a accusé le président d'attaques "inexactes" sur son projet, et a estimé que "pour certaines lois adoptées pendant le mandat du président, nous avons vu la régulation être excessive et l'économie en a souffert". Il a toutefois reconnu que "la régulation est essentielle".

Mais il a surtout rappelé les chiffres qui à ses yeux signent l'incompétence du dirigeant sortant en matière économique, notamment le déficit budgétaire qui est resté supérieur à 1.000 milliards de dollars malgré les promesses de M. Obama de le réduire de moitié.

"Deux guerres payées à crédit"

"Quand je suis entré dans le Bureau ovale, j'avais un déficit de plus de 1.000 milliards qui m'attendait. Et nous savons d'où il venait", a ajouté M. Obama, qui n'a pas mentionné le nom de son prédécesseur républicain George W. Bush, mais "deux guerres payées à crédit, deux dispositifs de cadeaux fiscaux qui n'étaient pas financés".

La question de l'assurance-maladie a donné lieu à une autre escarmouche, quand M. Romney a répété sa volonté d'abroger la réforme promulguée en 2010 par le président démocrate. "L'ironie, c'est que nous avons vu ce modèle fonctionner vraiment bien au Massachusetts", a rétorqué M. Obama.

M. Romney, en réponse, a accusé M. Obama d'avoir imposé une réforme exclusivement avec le soutien de son parti démocrate, alors que lui avait travaillé en coopération avec son opposition.

Les deux hommes avaient entamé leurs débats sur un ton presque badin, en remarquant que M. Obama et son épouse Michelle célébraient mercredi leurs 20 ans de mariage. M. Romney a plaisanté sur le côté "romantique" d'une telle soirée. Mme Obama et l'épouse de M. Romney, Ann, étaient au premier rang de la salle mercredi soir.

Pour Mitt Romney, la rencontre offrait une tribune exceptionnelle pour renverser la tendance, alors que ni le choix de son colistier, le jeune Paul Ryan, ni la convention d'investiture de son parti ne lui ont permis de marquer des points durables.

En 2008, 52 millions de téléspectateurs avaient suivi le premier débat entre Barack Obama et John McCain.

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