Jean Dujardin : "On le fait pour avoir peur !"

Par Direct Matin, publié le
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Le Débarquement : une émission humoristique avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Guillaume Canet, Alex Lutz, Laurent Lafitte et Nicolas Bedos[[CANAL+/Pierre-Emmanuel Rastoin]]

Le 13 décembre dernier, Canal + conviait les journalistes à une conférence de presse en présence de Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Guillaume Canet, Laurent Lafitte, Alex Lutz et Nicolas Bedos. L’objectif ? Présenter l’émission Le Débarquement, un programme humoristique désiré et piloté par les six amis qui se présente d’ors et déjà comme l’événement télé de la rentrée 2013. Directmatin.fr propose le compte-rendu de cette entrevue pas comme les autres.

 

Qu’est ce qui a motivé ce projet ?

Jean Dujardin : C’est une envie de se décomplexer comme dirait M. Copé (sourire), se décomplexer sur une émission de 90 minutes avec des sketches enregistrés, en live, et avec une équipe de jeunes. C’est une envie qui se confirme d’année en année. Entre temps il y a eu les films Les Infidèles, Les petits mouchoirs. Il y a eu des rencontres, avec Nicolas (Bedos), avec Alex Lutz, des gens du café-théâtre, du cinéma.

Et on s’est dit pourquoi ne pas avoir une sorte d’espace, très libre, très déconnant, pas forcément parodique, parce qu’on n’est pas là pour « singer » la TV. Cela a déjà été très bien fait il y a quelques années. On s’est dit « on a notre humour », un humour parfois potache, absurde, de merde (rires), et merci à Canal + de nous donner cette fenêtre là.

Le fait d’être « en direct » rajoute évidemment une « petite secousse », parce que là, on fait les malins, mais c’est pour bientôt, et il reste plein de choses à faire encore. C’est très excitant. On s’est dit « pourquoi pas », on a le talent, je pense, pour le faire, que ce soit les acteurs, les metteurs en scène, les auteurs. C’est quelque chose de générationnel.

 

Que vont voir les téléspectateurs ?

Alex Lutz : C’est une vraie histoire de troupe, avec les jeunes acteurs qui nous accompagnent et les nombreux « guests ». Mais ça ne fonctionne pas comme on l’a souvent vu, avec des scènes prévues et le « guest » qui débarque au milieu de tout ça. On essaie de bien « coudre » le tout. Il y a des sketches avec, par exemple, deux acteurs qu’on ne connaît pas, et un « guest », de temps en temps une séquence plus chorale avec plein de monde, des fois un dialogue avec un seul acteur.

On essaie de construire les scènes comme des séquences de films, comme un « tout ». A partir de là, on travaille sur le contenu, on en parle beaucoup, on corrige, on refait le conducteur plusieurs fois. Le risque, c’est tout ce qu’on a déjà vu dans l’humour. Il y a le « plus » du direct, mais on veut éviter le « tout-parodique ». On essaie de trouver des idées qui nous ressemblent. C’est vraiment un exercice d’acteur. Les gens jouent ensemble et s’éclatent ensemble.

Gilles Lellouche : Par contre Laurent (Lafitte) fera beaucoup d’imitations (rires) ! Et Guillaume (Canet) fera beaucoup de  magie (rires) ! C’est le point fort du spectacle.

 

Qui gère l’écriture ?

Alex Lutz : Il y a plusieurs auteurs qui ont travaillé assez tôt en amont. Maintenant, on essaie de se corriger, de peaufiner. On a ajouté deux auteurs récemment pour re-lisser les sketches.

 

Les acteurs interviennent dans ce travail d’écriture ?

Jean Dujardin : Tout le monde dit et donne son avis. Il y a une proposition de sketch, une écriture par les auteurs, et finalement, c’est remanié par les acteurs.

 

C’est un peu du théâtre ?

Jean Dujardin : Ce sont des situations on va dire. Quand on regarde le Saturday Night Live (NBC), il y a quelque chose qui y ressemble, il y a beaucoup de scènes, c’est un peu du théâtre filmé.

 

Pourquoi « Le Débarquement » ?

Jean Dujardin : Le Débarquement, ça vient du moment où je suis parti à New York pour participer au Saturday Night Live. Le soir, juste avant, à 20h, ils venaient d’enregistrer l’émission avant le direct. Ils l’enregistrent deux fois en fait.

Et j’ai vu le directeur artistique, Lorne Michael, qui motivait ses troupes en disant : « Voilà, ce sketch ne marche pas, faut enlever cette vanne là, il faut rajouter ça, etc… ». Et je me suis dit : « Mais, c’est Eisenhower !». C'est-à-dire qu’il prépare ses troupes, ils se claquent tous dans les mains, et à 23h, ils partent faire le sketch en direct. Et j’ai trouvé ça très motivant. Je me suis dit : « Tiens, on dirait une préparation pour un débarquement ». Et c’est resté.

 

Laisserez-vous la place à l’improvisation ?

Jean Dujardin : Je pense qu’il y aura des impondérables. Il y aura des imprévus, c’est à peu près certain. Les sketches sont aussi faits pour ça.

 

Comment se passe le travail entre vous ?

Jean Dujardin : On se retrouve vraiment en cours de théâtre. On recommence un peu tout et c’est aussi pour ça qu’on le fait d’ailleurs. On le fait pour avoir peur, pour avoir des sensations.

 

C’est peut être la première fois qu’un tel casting se réuni pour une émission de TV…

Jean Dujardin : Justement, c’est aussi l’histoire de casser certains codes aussi, parce que, un moment, c’est chiant cette vieille histoire de « télé, pas télé ». On dit simplement qu’on peut faire le pont (entre la télévision et le cinéma), que le talent et l’envie n’ont pas de limite. On peut aller où on veut. J’ai fait ce chemin là. Enfin, j’ai fait l’inverse. J’ai fait de la télévision, puis du cinéma, et je reviens maintenant à la télévision, parce que c’est une bonne fenêtre.

 

C’est casse-gueule quand même…

Jean Dujardin : Casse-gueule pourquoi ? (rires) Au pire, on se plante. Après qu’est ce qu’on risque ? Vous ? (en direction des journalistes) Parce que vous croyez que vous aller me faire peur avec un article ? (rires). Les gens, si c’est nul, ils zappent. Au pire, on ne le refait pas. Evidemment que c’est dangereux, qu’on a peur.

Mais on sait où on va, on y va tous ensemble et puis on verra bien. Ce qui est certain, c’est qu’on ne fait pas un « coup », on n’a pas besoin de le faire. Tout va bien dans nos carrières. Et on s’entend bien. Alors ça fait peut être un peu « scout », mais ça part d’une vraie envie.

Gilles Lellouche : Il n’y a pas d’exercice commercial là-dedans. On n’est pas là pour vendre quoi que ce soit. On est là pour donner une soirée. On a envie d’être généreux avec les gens, si tant est que ce soit possible et qu’on le fasse bien.

Et c’est aussi l’occasion pour nous de sortir d’un certain contexte dans lequel on se trouve. On s’est dit : « On va travailler, simplement, de manière ludique, pour le plaisir, sans but commercial affiché »… sauf pour Canal +, bien évidemment (rires).

 

Qui a sorti le premier l’idée ?

Gilles Lellouche : C’est Jean !

Jean Dujardin : Je venais juste de faire le Saturday Night Live, et on avait déjà parlé avec Gilles du site Funny or Die, on en avait discuté avec Guillaume, on s’en parlait en soirée, mais toujours de manière très informelle.

Et puis il y a eu cette petite bascule (à propos de Saturday Night Live) où je me suis bien marré, je me suis dit : « Y’a vraiment de quoi faire ». Je pense qu’on a les acteurs pour ça. Et il y a l’envie.

 

Vous pourriez imaginer faire quelque chose sur Internet justement, un peu dans la même veine que « Funny or Die » ?

Jean Dujardin : Oui, ça serait bien.

Gilles Lellouche : On s’est penché sur la question pendant un moment, mais ça demande beaucoup de travail, et d’heures de programme. Concrètement, nous n’avions pas le temps pour le faire. Parce que vous ne pouvez pas ouvrir un site dédié à l’humour si vous faites un sketch tous les deux ans. Vous n’allez pas aller très loin.

Donc on a abandonné l’idée. Et on s’est dit que de regrouper les énergies sur une date précise, et de se concentrer là-dessus, c’était beaucoup plus sain. Mais on y a pensé, oui.

 

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