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Jean-Louis Fiamenghi, ancien chef du Raid : "Une vie de sueur et de sang"

L'auteur livre un témoignage riche sur son expérience dans la police. L'auteur livre un témoignage riche sur son expérience dans la police. [PATRICK KOVARIK / AFP]

De la chasse aux pickpockets aux missions du Raid, Jean-Louis Fiamenghi fait partie de l’histoire contemporaine de la police. L'ancien préfet, désormais Directeur de la sûreté chez Veolia, a écrit "Dans le secret de l’action" (Ed. Mareuil).

Quelles ont été les moments les plus importants de votre carrière ? 
Difficile de choisir. A l’Antigang, je dirais l’arrestation des ravisseurs de Bernard Mallet (en 1977), un modèle de surveillance et de flagrant délit. Aux RG, la lutte contre les commandos de l’ETA, puis au Raid, l’arrestation d’Yvan Colonna. La visite du pape avec le Service de protection des hautes personnalités (SPHP) et l’éradication des hooligans du PSG comme préfet ont aussi compté.

Quelle mission a été la plus dure ?
Etre directeur de cabinet du préfet de police signifie être responsable de 30 000 fonctionnaires. Il faut assurer la liaison avec le gouvernement sur de nombreux dossiers sensibles. C’était mon poste le plus intense.
 
Quelles qualités ont les hommes des unités d’intervention ? 
La rigueur et la prévention. La valeur du Raid est de savoir gérer la crise. On ne prévoit jamais tout, l’important est de s’adapter le mieux et le plus vite possible. 
 
Quel conseil donner à ceux qui souhaitent les rejoindre ? 
Il ne faut pas entrer dans la police pour aller au Raid. Le but est d’abord d’arrêter les méchants. Une fois reconnu comme policier, le comportement, les affinités, les qualités permettent ensuite d’évoluer. Ce métier, c’est une vie de sueur et de sang, pour très peu d’élus.
 
Etre policier, était-ce pour vous une vocation ?
Je n’avais pas la vocation d’être policier, car je voulais être reporter, aller voir les zones sensibles du monde, en rapporter des images… Je pensais être fait pour ça. Puis j’ai été pris dans ce métier, avec cette impression d’être un peu comme dans une équipe de rugby. C’est un métier de passion, alors forcément, la vie de famille n’est pas aisée. Je ne sais pas ce qu’est un horaire, ayant été plus souvent au travail qu’à la maison. 
 
On dit souvent des forces d’interventions françaises qu'elles font partie des meilleures. Pourquoi ?
Je pense que cela est dû à notre culture. Les Allemands, par exemple, sont très rigoristes dans leurs modes opératoires d’intervention, leur planification. Tout est schématisé, précisé. Nous, les Français, sommes plus latins, davantage dans la réactivité et l’adaptation, ce qui à mon sens est une force. 
 
Compte tenu du contexte sécuritaire actuel, les Français doivent-ils s’inquiéter ? 
Le dispositif est en train de s’adapter, face à des terroristes vivant dans la clandestinité. Cela nécessite du temps. Dans toutes les cavales, que ce soit en Corse ou au Pays Basque, il a fallu des mois pour toucher au but. 
 
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©Editions Mareuil
"Dans le secret de l’action" de Jean-Louis Fiamenghi, Editions Mareuil, 19 €.

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