Une affaire d'infanticide dans les Landes

Par Direct Matin avec AFP, publié le
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Arrivée le 28 décembre 2013 au palais de justice de Mont-de-Marsan d'une femme qui aurait noyé son nouveau-né
Arrivée le 28 décembre 2013 au palais de justice de Mont-de-Marsan d'une femme qui aurait noyé son nouveau-né [Mehdi Fedouach / AFP/Archives]

La découverte des ossements de deux bébés par des gendarmes à proximité d'une ferme à Saint-Loubouer, au sud de Mont-de-Marsan, dans les Landes, a donné une nouvelle ampleur à une dramatique affaire d'infanticide dans une famille nombreuse.

 

Dans une enquête qui avait déjà débouché, fin décembre, sur la mise en examen d'une femme de 28 ans pour infanticide, les gendarmes ont fait lundi la macabre découverte dans le fossé de cette ferme, située à quelque 20 km au sud de Mont-de-Marsan.

Les ossements, qui se trouvaient dans un sac, appartiendraient à deux nourrissons et doivent être autopsiés mercredi, a-t-on précisé de source judiciaire en confirmant une information révélée par RTL.

Les enquêteurs agissaient dans le cadre de l'information judiciaire ouverte fin décembre après les aveux d'une femme de 28 ans, qui avait affirmé avoir laissé son bébé, né en septembre 2013, se noyer dans le lac d'Agès, également au sud de Mont-de-Marsan.

Le corps de Nicolas, tué à peine 24 heures après sa naissance, n'avait pas été retrouvé en dépit de recherches dans le lac, mais la mère avait été mise en examen pour "homicide d'ascendant sur mineur de moins de 15 ans" et écrouée.

Ses autres enfants, un garçon de six ans et deux fillettes de 5 et 2 ans, avaient été confiés à leur grand-mère paternelle.

 

 

L'affaire avait démarré, après un appel de cette même grand-mère aux services de protection de l'enfance, alors qu'elle voulait retrouver un enfant qui avait été abandonné, par la mise en examen, trois mois plus tôt, de la mère. Ne retrouvant aucune trace du bébé né en septembre mais jamais déclaré, ces services avaient alerté la justice.

Le Parquet de Mont-de-Marsan avait alors décidé de placer les parents en garde à vue le 26 décembre et la mère avait fini par affirmer qu'elle avait laissé le bébé se noyer dans un lac des Landes.

C'est à l'arrière d'une ferme appartenant à sa famille que les enquêteurs ont retrouvé les ossements.

De source proche du dossier, il pourrait s'agir des os du bébé recherché dans le lac et de ceux d'un autre enfant, également un nourrisson, né un an plus tôt, mais tout reste à confirmer par l'autopsie, qui livrera également des détails sur les circonstances de la mort des deux bébés et leur âge.

La mère n'a pas encore été entendue sur cette découverte, a déclaré à l'AFP son avocat, Me Pierre Blazy.

La grand-mère a également été placée en garde à vue, selon lui, mais aucune charge n'a été retenue contre elle.

Le père, lui, a été mis en examen et écroué pour "non-dénonciation de crime et recel de cadavre".

En décembre, il avait également été placé en garde à vue et avait semblé avoir un véritable "choc émotionnel" en apprenant les propos de sa compagne, persuadé que l'enfant était encore en vie et avait bien été abandonné, avait déclaré à l'époque le Procureur de la république de Mont-de-Marsan, Jean-Philippe Récappé.

L'homme, qui avait un problème de dépendance à l'alcool, était au chômage depuis un an et demi. Il avait expliqué que lui et sa femme estimaient ne pas avoir les moyens d'élever un quatrième enfant, d'où la décision prise au lendemain de sa naissance de l'abandonner.

Le drame relève de la "misère sociale", avait estimé le Procureur.

"La conjonction de deux malheureux peut produire des cataclysmes", a aussi déclaré mardi l'avocat de la mère, évoquant une "détresse inouïe" de cette femme, mais se disant surpris de la découverte des ossements.

Le couple et les trois enfants s'étaient installés dans le petit village landais de Serres-Gaston, il y a un peu plus un an, et avaient des difficultés à payer régulièrement le loyer du logement communal où ils étaient installés, place de l'Eglise.

La mère, également sans emploi, touchait elle aussi le Revenu de solidarité active (RSA). Personne dans son voisinage ne s'était aperçu de sa dernière grossesse, du fait de sa corpulence. Les enfants avaient été décrits par une voisine comme "très gentils", "polis" et "bien habillés". Les familles des deux conjoints, des "gens très bien", "n'imaginaient pas que cela pouvait leur arriver", a déclaré l'avocat de la mère.

La maire de Saint-Loubouer, Alice Lalanne, n'a pas souhaité mardi s'exprimer sur l'affaire, se disant simplement "sous le choc".

 

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