Marseille : trois blessés par balles

Par AFP, publié le
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Des policiers enquêtent après une fusillade le le 1er septembre 2013 dans le quartier de l'Opéra à Marseille [Boris Horvat / AFP]

Trois hommes ont été blessés par balles, dont l'un gravement, dimanche matin en plein centre de Marseille par des tireurs armés notamment d'une kalachnikov à la suite d'une altercation en boîte de nuit, une fusillade qui intervient après une série de meurtres cet été dans la ville.

Agés de 21, 24 et 29 ans, ils sont "connus des services de police pour des faits de petite délinquance", selon le procureur de la République Brice Robin qui a dit "craindre" la présence de "victimes collatérales" parmi les blessés.

Le plus jeune, touché aux bras et à la cuisse, "a perdu beaucoup de sang" et se trouvait en soins intensifs. Un second blessé, atteint au mollet, devait se faire opérer, et le troisième, dont une balle a éraflé la tête, sortira vraisemblablement de l'hôpital dans la journée.

Quelques heures après le drame, plusieurs dizaines de douilles disséminées sur la place de l'Opéra, des grilles de l'imposant bâtiment aux rideaux métalliques des commerces alentour, témoignaient de la violence de la scène survenue peu avant 07H00 dans ce quartier très fréquenté la nuit, à deux pas du Vieux-Port.

Des enquêteurs sur le lieu d'une fusillade le 1er septembre 2013 dans le quartier de l'Opéra à Marseille [Boris Horvat  / AFP]
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Des enquêteurs sur le lieu d'une fusillade le 1er septembre 2013 dans le quartier de l'Opéra à Marseille
 

Selon les premiers éléments de l'enquête, confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire, tout est parti d'un différend, deux heures plus tôt, entre deux groupes au sein d'un établissement baptisé Ma Demoiselle.

Six individus d'un côté, trois de l'autre s'opposent pour une raison inconnue, "peut-être une provocation", avant d'être expulsés, a expliqué le magistrat lors d'un point de presse.

La bande de trois quitte les lieux, le temps de dénicher des armes, et revient dans "un véhicule de couleur sombre" pour en découdre. Les deux passagers en descendent, l'un porteur d'un fusil d'assaut de type kalachnikov et cagoulé, l'autre d'un pistolet automatique 9 mm, et font alors feu tous azimuts, "sans considération" pour les autres noctambules massés devant l'établissement.

Au total, 34 étuis, dont 22 de kalachnikov, ont été retrouvés par les enquêteurs.

La piste d'un "règlement de comptes du grand banditisme ou de +cités+" est pour l'heure exclue, a précisé le procureur qui a fait état d'un "conflit a priori purement privé".

"Pas seulement les quartiers Nord"

"Ce n'est pas d'aujourd'hui que Marseille subit des tirs de kalachnikov mais il est clair que si, pour une raison aussi banale, on fait usage d'une kalachnikov, on peut dire que c'est inquiétant", a-t-il jugé, y voyant la "conjonction" d'"un accès trop facile à des armes de guerre" et d'"un passage à la violence gravissime qui se fait de façon beaucoup trop aisée".

Douilles sur le sol après la fusillade survenue le 1 er septembre 2013 en plein centre de Marseille [Boris Horvat / AFP]
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Douilles sur le sol après la fusillade survenue le 1 er septembre 2013 en plein centre de Marseille
 

Pour le délégué zonal adjoint du syndicat Alliance, David-Olivier Reverdy, "c'est un véritable miracle que le bilan n'ait pas été extrêmement grave vu les calibres utilisés. Une fois de plus, il est démontré que ce ne sont pas seulement les quartiers Nord qui sont exposés à la circulation des armes de guerre", déplore-t-il.

Dans le même quartier, un garçon de 18 ans avait été mortellement poignardé le 18 août cours Jean-Ballard, quelques jours après le meurtre d'un étudiant près de la gare Saint-Charles.

Le lendemain, un jeune homme était criblé de balles dans le quartier touristique de l'Estaque, un énième règlement de comptes qui précipitait la venue du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, accompagné de cinq de ses ministres.

Il réaffirmait la "détermination sans faille" du gouvernement pour "faire reculer la violence", un an après la tenue d'un comité interministériel, et annonçait l'affectation de 24 policiers d'investigation et d'une compagnie CRS supplémentaires.

 
 

Manuel Valls, invité au Grand rendez-vous Europe 1/iTélé/Le Monde, a reconnu que la violence était "maximum à Marseille", avant d'ajouter: "en même temps il y a des résultats, il n'y a pas de zone de non-droit dans ce pays".

Des voisins, badauds et touristes se pressaient sur les lieux dimanche.

"Je croyais qu'ils tournaient un film", s'exclamait un cycliste, Georges. "Y en a ras-le-bol, s'ils se tuent entre eux, pas de problème, mais enfin en plein centre-ville, il y a du monde quand même!", pestait Christian qui racontait avoir été réveillé par "une pétarade".