La semaine de Philippe Labro : "La fierté d’Obama, la liberté de Cassez"

Par Philippe Labro, publié le
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Philippe Labro, écrivain, journaliste. [THOMAS VOLTAIRE / DIRECT8]

Philippe Labro est écrivain, cinéaste et journaliste. Chaque vendredi, pour DirectMatin, il commente ce qu'il a vu, vécu et observé pendant la semaine. Un bloc-notes subjectif et libre.

 

LUNDI 21 JANVIER

Il était 17h40 à Paris et j’étais collé devant mon écran pour suivre la cérémonie inaugurale d’Obama à Washington, en direct. J’ai tout aimé : les merveilleuses chanteuses noires et blanches de la chorale de Brooklyn, envoyant à tue-tête le Glory Alleluia de la marche des Confédérés – ce qui était un chant sudiste. En le recyclant, Obama l’a réintégré dans ce sentiment d’union sacrée autour du drapeau étoilé.

Un discours bien écrit : When times change, so must we (quand les temps changent, nous devons changer aussi). Un jeune poète latino qui énumère les beautés de son pays avec un hommage à ceux qui font la vie quotidienne de l’Amérique : artisans, ouvriers, paysans. Le jeune homme répète ; one sky – un ciel, un seul ciel, au-dessus de 300 millions d’Américains de toutes origines. Beyoncé clôt la cérémonie en entonnant avec vigueur l’hymne national.

Oui, j’ai tout aimé. Bien plus que les lendemains de commentaires condescendants de certains ricaneurs français. Comme souvent, ils ignorent ce qui fait la force de l’Amérique – la fierté d’être ce qu’ils sont. Le refus de l’autodénigrement.

 

MERCREDI 23 JANVIER

Lecture recommandée : Le Vatican indiscret de Caroline Pigozzi, chez Plon. Passionnant. On apprend tout sur cet univers secret et ce pape que notre consœur a eu le privilège de souvent rencontrer ou accompagner. Sa vie quotidienne. Ces «princes de l’Eglise» qui l’entourent. La fiche signalétique des cardinaux du conclave. Les tweets de Benoît XVI. Le dictionnaire du Vatican : de A, comme Abbé, à W, comme Wojtyła, Karol. Les recettes favorites du pape : des œufs au fromage jusqu’au lait à la portugaise.

C’est une mine d’infos de 377 pages, composées grâce au travail d’investigation du grand reportage. Bravo.

 

JEUDI 24 JANVIER

Libération de Florence Cassez. Le mot qui revient le plus souvent, de toutes parts : soulagement. J’ajouterais plusieurs autres mots : attention à la «récupération».

La libération de cette jeune femme est, certes, due à l’amélioration des rapports entre le Mexique et la France, mais, essentiellement, à ce que le Mexique a changé de gouvernement, et, apparemment, de mœurs. Leur justice n’est plus manipulée. Les erreurs, les mensonges, les sales truquages ont été admis. La justice mexicaine a réparé une injustice mexicaine.

Autre mot : «hommage». A toutes celles et ceux qui ont œuvré pour faire libérer la jeune femme : de son avocat, Frank Berton, aux comités de soutien, de Sarkozy et Guéant à Hollande. Il aura fallu sept ans pour que se dénoue une affaire dont (je les entends déjà !) certains insinueraient qu’elle n’est plus tout à fait éclaircie. La fameuse année du Mexique pourra-t-elle, un jour, avoir lieu ? Dans l’océan des bad news qui parfois nous inonde, voici, pour quelques jours, la rivière de la délivrance.