Militantes kurdes assassinées : deux gardés à vue

Par AFP, publié le
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Des gens déponsent des fleurs en hommage aux trois militantes kurdes tuées à Paris, le 11 janvier 2013 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]
Des gens déponsent des fleurs en hommage aux trois militantes kurdes tuées à Paris, le 11 janvier 2013 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]

Deux proches des trois militantes kurdes assassinées le 9 janvier ont été placés en garde à vue jeudi à Paris dans l'enquête sur ce triple meurtre qui a suscité une vive émotion à l'heure où Ankara et les rebelles kurdes du PKK son engagés dans des discussions de paix.

Ces deux hommes kurdes, nés en Turquie en 1974 et 1982, appartiennent à l'environnement très proche des trois femmes exécutées, a précisé à l'AFP une source policière, évoquant une "piste sérieuse".

Ils seraient domiciliés à La Courneuve et l'un des gardés à vue aurait été le chauffeur de l'une d'entre elles, a précisé cette source.

De source judiciaire, aucune précision n'a été donnée sur les motifs des arrestations, ni sur le rôle éventuel des deux hommes dans les meurtres.

L'opération a été menée conjointement par la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire et la section antiteroriste (SAT) de la brigade criminelle parisienne.

Les trois militantes, liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (Parti des travailleurs du Kurdistan, interdit en Turquie), avaient été tuées par balles dans les locaux d'une association de leur communauté dans le nord-est parisien, tout près de la gare du Nord, où leurs corps ont été trouvés dans la nuit du 9 au 10 janvier.

Un policier devant le centre culturel Anatolie, à Paris, le 11 janvier 2013 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]
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Un policier devant le centre culturel Anatolie, à Paris, le 11 janvier 2013
 

Elles avaient été vues vivantes pour la dernière fois au sein de leur association le 9 à la mi-journée.

Parmi les trois victimes figure notamment Sakine Cansiz, 55 ans, considérée comme proche du chef emprisonné de la rébellion, Abdullah Öcalan, qui mène une lutte armée contre l'armée turque depuis 1984 pour obtenir l'autonomie du sud-est du pays peuplé majoritairement de Kurdes.

Les deux autres victimes étaient Fidan Dogan et Leyla Soylemez.

Les rebelles du PKK avaient averti qu'ils tiendraient l'Etat français pour "responsable" s'il n'élucidait pas immédiatement "cette tuerie".

Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie et un bon nombre de pays, mais Ankara s'est engagé depuis décembre dans des pourparlers de paix avec les rebelles.

Des gens déposent des fleurs en hommage aux trois militantes kurdes tuées à Paris, le 11 janvier 2013 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]
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Des gens déposent des fleurs en hommage aux trois militantes kurdes tuées à Paris, le 11 janvier 2013
 

Toutefois, les larges rassemblements en France comme en Turquie pour rendre hommage aux trois femmes assassinées ont provoqué de nouvelles tensions.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait sommé, lui aussi, Paris d'élucider le triple meurtre, qui est pour lui un "règlement de comptes" au sein du PKK et une volonté de "saboter" le processus de paix.

L'aviation turque a mené lundi et mardi les raids les plus intenses de ces dernières années, contre des repaires du PKK dans la montagne irakienne.

Les hostilités entre la Turquie et le PKK durent depuis 1984 et ont coûté la vie à plus de 45.000 personnes

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