Mandat de dépôt requis pour les huit personnes déférées

Par Direct Matin avec AFP, publié le
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1.000 personnes ont participé ce mercredi à la marche blanche en l'honneur de Kévin et Sofiane.
1.000 personnes ont participé ce mercredi à la marche blanche en l'honneur de Kévin et Sofiane.[PHILIPPE DESMAZES / AFP]

L'enquête sur la mort de Kévin et Sofiane vendredi à la Villeneuve progressait après la reddition mercredi matin d'un des fuyards recherchés. Le parquet a ouvert une information judiciaire pour "assassinats". Des mandats de dépôt ont été requis pour les huit suspects déférés. 

 

Le procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, a estimé mercredi que, dans l'affaire de la rixe mortelle d'Echirolles, "on n'est pas dans le cadre d'une responsabilité collective" mais "individuelle", alors que le rôle des huit personnes qui doivent être présentées aux juges devra être précisé.

"Plusieurs armes ont été utilisées" et "il faudra déterminer le rôle de chacun" lors de l'instruction. Les huit personnes qui pourraient être mises en examen mercredi pour "assassinats" "nient les faits" et "bénéficient toutes de la présomption d'innocence", a rappelé le magistrat.

Selon M. Coquillat, "les gens ont surgi et leur sont tombés dessus". "Il y a un effet de groupe qui va perdre les pédales et se livrer à une violence aveugle", avec "ceux qui vont porter les coups de couteau, ceux qui vont utiliser une arme à grenaille, celui qui va utiliser une bouteille, celui qui va utiliser un marteau, et puis il y a tous les autres, qui vont donner des coups de pied", a-t-il précisé.

Les huit déférés "étaient sur place et nous estimons qu'ils ont participé en portant des coups", reste à savoir lesquels, a insisté le procureur, en remarquant qu'il est possible que les deux hommes en fuite et activement recherchés "aient un rôle important, essentiel ou secondaire dans cette affaire".

 

3 juges d'instructions saisis

Huit des douze personnes gardées à vue devaient être présentées à un juge d'instruction, le parquet ayant ouvert une information judiciaire pour "assassinats". Deux autres interpellées mardi matin avaient été relâchées hier dans la soiré.

En outre, le parquet de Grenoble a requis des mandats de dépôt pour les 8 suspects déférés et saisi 3 juges d'instruction dans le cadre de cette affaire.

La police s'est notamment penché sur le rôle de deux frères militaires de 19 et 20 ans, et de leur mère. Selon le procureur, ils semblent avoir joué un rôle central dans la rixe et seraient à l'origine de la bagarre.

En fonction des charges qui pèsent sur eux, certains pourraient être déférés devant un juge d'instruction dans l'après-midi. "Il faut déterminer qui a fait quoi. Aucun des gardés à vue n'a reconnu les faits", avait déclaré mardi le procureur de la République Jean-Yves Coquillat, lors d'une conférence de presse à Grenoble.

Lors de l'agression survenue vendredi, Kevin, étudiant, et Sofiane, éducateur, âgés de 21 ans, ont reçu plusieurs coups de couteau mortels, "sept à huit" pour Kevin, et "une trentaine" pour son ami Sofiane.

 

1 000 personnes aux obsèques

Plus de mille personnes ont assisté mercredi après-midi à la mosquée d'Echirolles aux obsèques de Kevin et Sofiane. Elle se sont déroulées conformément au rite musulman.

Mais, fait exceptionnel à cause des circonstances tragiques de la mort des deux jeunes, l'imam Larbi Aouini a pris la parole : "Nous sommes tous, je dis bien tous, attristés, les coeurs plein de remords dans ce qui se passe dans notre société." Debout devant les deux cercueils, a ajouté: "Faisons tous en sorte que le décès de Kevin et Sofiane soit la cause du changement, peut-être que cela apaisera le chagrin de leurs parents."

Les cercueils ont ensuite été acheminés vers le carré musulman du cimetière de la ville.

 

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