"Néo-fachos" : Richard Millet répond

Par Direct Matin, publié le
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Richard Millet réagit au dossier du Nouvel Observateur
Richard Millet réagit au dossier du Nouvel Observateur[BALTEL/SIPA]

Dans son édition de jeudi, le Nouvel Observateur consacre un dossier aux "néo-fachos et leurs amis". L'hebdomadaire s'intéresse à la "nouvelle droite populiste".

L'écrivain Richard Millet - dont "L'éloge littéraire d'Anders Breivik" a déclenché la polémique, figure parmi les représentants de ce courant identifié par le Nouvel Observateur.

Il répond en exclusivité sur DirectMatin.fr

Comment réagissez-vous à la publication du dossier du Nouvel Observateur sur les « néo-fachos » ?

On m’a dit qu’il était sorti. Mais depuis le début du lynchage dont je suis l’objet, je ne regarde et je ne lis pas ce qui est publié. Dans le cas présent, il s’agit de vieilles méthodes staliniennes qui sont le fait d’un journal qui n’est que l’instrument de propagandes du Parti Socialiste. L’idée est de m'amalgamer à une nébuleuse d’extrême-droite imaginaire.

Vous figurez aux côtés – entre autres – d’Elisabeth Lévy, Alain Soral, Gilbert Collard, Eric Zemmour, Renaud Camus, Patrick Buisson ou Robert Ménard. Cette sélection vous semble-t-elle cohérente ?

Il y a deux ou trois personnes dont je me sens proche, effectivement. Elisabeth Lévy ou Renaud Camus par exemple. Mais je n’ai rien à voir avec d’autres. Je ne m’intéresse pas à la question de l’extrême-droite et de manière générale, la politique au sens français du terme, ne m’intéresse pas. Je veux être lu comme écrivain et non comme un suppôt de l’extrême-droite.

Depuis la polémique née de la publication de « L’éloge littéraire d’Anders Breivik », regrettez-vous certains de vos écrits, sur le fond ou sur la forme ?

Comment croire censément que l’on puisse faire l’éloge de Breivik ? Ceux qui pensent cela ne m’ont pas lu. Quand je l’évoque dans mon livre, je parle d’un monstre ou d’un criminel. Je ne changerais pas mon titre : c’est un bon titre. En revanche, je parlerais davantage des victimes de Breivik. Plusieurs journalistes norvégiens me l’ont reproché et je l’admets.

Avez-vous pris des mesures de protection particulière ?

Depuis une vingtaine de jours, on commence à me regarder de travers dans la rue. Désormais, je fais attention, j’ai ôté mon nom de ma boîte aux lettres et je vais peut-être changer d’apparence. Il faut dire que la couverture du Nouvel Observateur ressemble à un avis de recherche. Mais la plus grande violence, je le redis, c’est de ne pas avoir été lu.

Quels sont vos projets une fois que l’effervescence sera retombée ?

Aujourd’hui, je suis fatigué, même s’il est intéressant de voir comment l’on devient une victime émissaire au sens de René Girard. Sinon, j’ai un roman que j’ai confié à mon éditeur qui sortira je ne sais quand. Et je prépare également un essai sur la musique.

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