Mais où est passé l'été ?

Par Direct Matin, publié le
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Une personne sous la pluie à Paris. [FRED DUFOUR / AFP]

Parapluie et pull sont de rigueur dans la moitié nord de la France depuis le début de l’été. Un mauvais temps qui commence à agacer…

«Médiocre», «maussade», «mauvais»… Les prévisionnistes météo ont beau jouer sur les mots, le constat reste désespérant : pour une bonne partie de la France, le temps n’est pas au bikini mais au bon vieux K-Way.

A titre d’exemple, à Paris, les chutes d’eau enregistrées en une semaine correspondent à ce qui tombe habituellement en un mois. En Ile-de-France, juin a même été le mois plus humide depuis 1959. D’un point de vue général, les précipitations du mois de juin ont été en hausse d’environ 20 % par rapport à la normale. Et côté soleil, la fin de l’hiver a été plus généreuse que le début de l’été. «Il y a eu plus d’heures d’ensoleillement en mars qu’en juin», remarque Guillaume Séchet, météorologiste pour le site meteo-paris.com. Enfin, Les températures sont palichonnes et dépassent péniblement les 20 °C, soit deux degrés en dessous des normales saisonnières. Le bal du 14 juillet risque de se fêter plus en pull over qu’en robe d’été. Un bilan grincheux qui commence à exaspérer les Français de la moitié nord du pays, d’autant que les voisins du Sud sont eux sous le soleil.

Un air frais et humide venu des Îles britanniques

A qui la faute ? Au fameux anticyclone des Açores. Normalement installé dans l’océan Atlantique Nord en cette saison, il est censé protéger la France. Mais actuellement, il est positionné 500 à 1000 km plus au sud et perd toute efficacité sur la France. Conséquence, des dépressions, venues des îles britanniques et la Scandinavie, envoient un air humide et frais sur le nord. Tandis qu’au sud, tout le bassin méditerranéen profite d’un air très chaud, venu du Sahara. Et les prévisions risquent de faire encore grogner les Français. La grisaille est annoncée est annoncée encore au moins pour deux semaines. Une amélioration «laborieuse» et progressive est toutefois prévue pour la fin du mois de juillet.

Un phénomène pluvieux qui dure

Si la situation n’est pas des plus agréables, ce n’est pas non plus une première. 1998, 2000 et 2001 ont connu des mois de juillet tout aussi arrosés. Plus étonnant, en revanche, selon les experts météo : la durée du phénomène pluvieux. Cette situation persiste depuis le mois d’avril. Il succède à une longue période de sécheresse cet hiver.

Selon eux, ces phénomènes tendraient à s’installer de plus en plus durablement sur le pays.

Le climat tempéré, de rigueur en France, a-t-il du plomb dans l’aile ? Ce pluvieux début d’été est-il la conséquence d’un réchauffement climatique ? Les experts météo ne franchissent pas le pas, faute de recul suffisant. Etienne Kapikian, prévisionniste chez Météo France, reste lui pragmatique. «La forte variabilité fait partie de notre climat. Du fait de notre position tout proche de l’océan Atlantique, nous sommes donc soumis à diverses influences, polaire, tropicale… L’été n’est pas en théorie censé être toujours beau.» 

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