Villiers-le-Bel : le procès du policier renvoyé en 2013

Par AFP, publié le
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Une voiture de police accidentée après une collision avec une motocyclette sur laquelle se trouvaient deux adolescents qui ont trouvé la mort, le 25 novembre 2007 à Villiers-le-Bel[AFP/Archives]

Près de cinq ans après la mort de deux adolescents, tués dans la collision entre leur mini-moto et une voiture de police à (Val-d'Oise), le policier qui conduisait le véhicule devait être jugé vendredi devant le tribunal correctionnel de Pontoise. Mais la justice a finalement décidé de repousser d'un an son jugement.

C'était un cas de figure prévisible. Les juges ont décidé de renvoyer l'affaire en raison de la mise en examen récente pour "faux témoignage" de Franck Viallet, le policier. «Le tribunal estime que les procédures pour homicides involontaires et pour faux témoignage ne sont pas deux procédures parallèles, mais sont liées. Le tribunal ne peut pas juger en l'état l'affaire», a estimé la présidente Dominique Andreassier.

M. Viallet est soupçonné d'avoir menti sur la vitesse de la voiture au moment de la collision, en déclarant avoir respecté la limitation de vitesse, ce qu'un rapport d'expertise a démenti. Ses trois collègues, malgré des déclarations similaires, n'ont jusqu'à présent pas été inquiétés par la justice.

"Ces deux affaires sont radicalement distinctes. Elles peuvent être jugées indépendamment l'une de l'autre", avait estimé Me Mignard, l'un des avocats des familles.

Une vitesse de 64 km/h

La mort de Moushin et Lakamy, le 25 novembre 2007, avait entraîné deux jours de violentes échauffourées entre jeunes et forces de l'ordre à Villiers-le-Bel. Une centaine de policiers avaient été blessés par des tirs d'armes à feu durant cette flambée de violences.

L'enquête sur la collision avait dans un premier temps semblé écarter toute responsabilité des policiers. Une ordonnance de non-lieu avait ainsi été rendue par un juge d'instruction de Pontoise le 23 octobre 2009.

Mais la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles avait infirmé cette décision et ordonné un supplément d'information. M. Viallet, mis en examen pour homicides involontaires, avait finalement été renvoyé en correctionnelle en septembre 2011.

Selon un rapport d'expertise, le véhicule de police était en phase d'accélération au moment de l'accident, et roulait à près de 64 km/h - au lieu des 50 km/h autorisés - sans gyrophare ni avertisseur.

Les deux adolescents circulaient de leur côté sur une moto qui n'était pas destinée à la route, dépourvue de freins et d'éclairage, à une vitesse supérieure à la limite autorisée. Ils ne portaient par ailleurs pas de casque et n'avaient pas respecté une priorité à droite.

Outre ce volet de l'affaire, ce drame et ses conséquences ont donné lieu à une autre procédure retentissante.

En octobre 2011, trois habitants de Villiers-le-Bel ont été condamnés en appel aux assises à des peines de 3 à 15 ans de réclusion pour avoir ouvert le feu sur les forces de l'ordre lors des deux soirées d'émeutes. Deux accusés ont été acquittés à l'issue de ce procès à Nanterre.