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Le procès des parents de la petite Marina Sabatier, morte en 2009 des suites des coups et sévices qu’elle avait subis, a été suspendu vendredi et reprendra lundi devant la cour d’assises de la Sarthe. Pierre-Olivier Sur et Clémence Witt, avocats de l’association Innocence en Danger qui s’est portée partie civile, dressent un bilan des quatre premiers jours d’audience.
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Pourquoi le président a-t-il décidé de suspendre l’audience vendredi ?
Pierre-Olivier Sur : Le président a estimé que nous avions besoin de décompresser. En particulier après la diffusion, hier, de la vidéo de Marina qui avait été réalisée par les gendarmes au cours d’une audition qui n’eut malheureusement pas de suite judiciaire tandis que la petite Marina aurait pu être sauvée. Pour les jurés, il faut savoir que ce procès est particulièrement traumatisant. Afin d'assurer la continuité de l'audience, plusieurs jurés supplémentaires ont été tirés au sort afin de pouvoir remplacer ceux qui craqueraient pendant. Pour le moment nous n’avons pas encore eu recours à eux. Je connais parfaitement les procès en assises et nous-mêmes, professionnels, nous sommes dans cette situation particulière d'avoir à développer un instinct de survie judiciaire qui nous oblige à une certaine distanciation.
Au-delà de l’horreur des faits, pourquoi est-ce si pénible ?
P.-O. Sur : Dans la salle du tribunal, il y a cette énorme boîte cubique, presque un container, dans laquelle les parents ont déposé Marina après sa mort, avant de la couler dans le ciment. Les gendarmes l’ont sciée et l’on peut voir la forme en creux du corps de Marina. Il faut rappeler les faits qui ont précédé son décès et son ensevelissement dans cette boîte. Marina a été battue, plongée des heures dans un bain glacée, on l’a obligée à manger des aliments infects et son propre vomi. Et lorsqu’elle a été enfermée le soir dans la cave pour y passer la nuit, nue, elle a dit à sa mère : « Bonne nuit Maman, à demain ». Au petit matin, elle était morte.
Comment se sont comportés les parents pendant l’audience ?
P.-O. Sur : C’est un couple que nous avons en face de nous. Même si Eric Sabatier et Virginie Darras sont divorcés et séparés, lui continue à porter une alliance. Ils ne se regardent pas. Ils ne se parlent pas. Il y a un mur entre les deux. Les experts l’attestent : ils ne souffrent ni l’un, ni l’autre de pathologies mentales. Pas de schizophrénie, pas de trouble bipolaire, pas de perversion quelconque. Ce sont des gens « normaux ». Lui est cependant impressionnant. Il mesure près de deux mètres, il est très mince, c’est un ancien sportif de haut niveau. Son visage est très lisse, presque de cire. Mais quand il perd le contrôle de lui-même, il a parfois un regard ou un rictus qui sont effrayants.
Les faits se sont-ils éclaircis au cours de ces quatre premières journées d’audience ?
Clémence Witt : De ce point de vue, les débats sont un peu décevants. Nous n’avons pour l'instant pas réussi à comprendre le fonctionnement de ce couple. Quant aux faits, ils sont reconnus de manière globale par les parents. Mais dès que l’on entre dans le détail des sévices, il n’y a pas de reconnaissance précise. Nous observons les parents avec attention. Lui prétend qu’il a agi sous son emprise. Elle s’est effondrée en larmes pendant la projection de la vidéo. Mais pour le moment, nous n’avons pas le début d’une explication sur les causes de ces violences.
La mort de Marina Sabatier est-elle aussi imputable à une défaillance sociale ?
C. W. : C’est un des éléments les plus tragiques de cette affaire. Il aurait fallu un rien pour éviter cela. Marina aurait pu être sauvée 1000 fois. Mais à chaque fois il y a eu un grain de sable. Médecins, professeurs ou voisins, de nombreuses personnes ont perçu qu’il y avait un problème avec Marina, mais cela n’est jamais remonté plus loin. C’est un vrai fiasco du système. Mais il faut rappeler qu’il y a eu aussi des gens extraordinaires dans cette affaire. Je songe notamment à une femme, un médecin scolaire, qui avait donné l’alerte. Depuis la mort de Marina, elle a plongé dans une grave dépression et elle n’a pu déposer au procès que par visio-conférence.
Quatre associations* se sont portées parties civiles : c’est une première ?
P.-O. Sur : Dans ce procès, il n’y avait pas de partie civile puisque les parents sont les accusés, et les membres de leur entourage n’ont pas souhaité se porter partie civile sauf une tante de Marina. Il était donc de notre devoir de suppléer à ce manque. Les associations ont un rôle de corps intermédiaire essentiel. Notre présence au tribunal sert à rappeler que si le devoir de signalement avait été exercé dans des conditions normales, Marina serait peut-être encore en vie. Ceux qui commettent des maltraitances sur les enfants sont parfois des gens « normaux » qui habitent à côté de notre porte. La vigilance et le travail de terrain des associations sont essentiels pour limiter de tels drames.
*La voix de l’enfant, Enfance et partage, L’enfant bleu et Innocence en danger
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bonjour repose en paix petite anges marina mes cela devient trop courant de nos jours que de t'elle cruauté existe encore du a l'incompétence ou le j'en foutisme de certains juge qui devrais...
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