Pollution de l'air: des politiques plus radicales s'imposent, selon le BEH

Par AFP, publié le
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Vue de Paris depuis le ballon météorologique Airparif le 26 mars 2012 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]
Vue de Paris depuis le ballon météorologique Airparif le 26 mars 2012 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]

Les preuves sur les effets de la pollution de l'air sur la santé s'accumulent et des politiques "plus radicales" s'imposent, y compris dans les villes d'Europe où les niveaux de cette pollution sont relativement bas, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

Les preuves des effets nocifs de la pollution atmosphérique sur la santé se sont multipliées ces dix dernières années, souligne Michal Krzyzanowski, du Centre européen de l'environnement et de la santé de l'OMS dans un éditorial de la revue dédiée à ce fléau urbain.

Il y invite à passer à des "approches politiques plus radicales et globales" afin de "réduire davantage l'exposition de la population, même lorsque les normes sont respectées".

L'étude Aphekom (résultats de 2011) a ainsi démontré l'ampleur des effets sur la santé publique des niveaux actuels de pollution dans 25 villes européennes (dont 9 françaises). "Près de deux ans d'espérance de vie pourraient être gagnés dans les villes les plus polluées d'Europe si la pollution pouvait être ramenée aux niveaux préconisés dans les lignes directrices de l'OMS relatives à la qualité de l'air", souligne M. Krzyzanowski.

"Cela représente près d'un tiers de l'écart d'espérance de vie observé entre les États membres de l'Union européenne", ajoute-t-il.

"Près de 15% du gain d'espérance de vie aux États-Unis entre 1980 et 2000 ont été attribués à l'amélioration de la qualité de l'air", poursuit-il.

La "relation de cause à effet" entre l'exposition aux particules fines (PM2,5), la morbidité (maladie) et la mortalité cardiovasculaires a été souligné par l'American Heart Association.

Et en février 2012, les gaz d'échappement des moteurs diesel - émetteurs de particules fines - ont été classés parmi les cancérogènes certains pour les humains par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC/OMS), basé à Lyon.

Une réduction du risque pour la santé, apparue peu après la diminution des niveaux de pollution atmosphérique, a été enregistrée dans plusieurs études, à des concentrations de particules fines relativement faibles.

L'étude la plus récente et la plus vaste à ce jour, réalisée auprès de 2,1 millions de Canadiens adultes, a confirmé le lien observé entre morbidité, mortalité et niveau d'exposition, "mais à des niveaux de particules fines nettement inférieurs à ceux observés dans la plupart des villes européennes", remarque l'éditorial.