La semaine de Philippe Labro : la chaleur des césars, la glace de Poutine

Par Philippe Labro, publié le
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Philippe Labro, écrivain, cinéaste et journaliste. [THOMAS VOLAIRE]

Philippe Labro est écrivain, cinéaste et journaliste. Chaque vendredi, pour DirectMatin, il commente ce qu'il a vu, vécu et observé pendant la semaine. Un bloc-notes subjectif et libre.

 

VENDREDI 28 FÉVRIER

La 39e cérémonie des Césars donnera lieu, comme chaque année, au même concert de «plus» et de «moins». Critiques ou éloges. Sourires ou grincements de dents. Tout dépend de votre humeur lorsque, devant votre télévision, vous trouvez que, décidément, c’est bien long, tout cela, ou lorsque, en revanche, vous vous intéressez à chaque moment, drôle ou raté, parce que, malgré tout, c’est «distrayant».

Dans la rubrique des «moins», tout le monde a souligné la longueur de la soirée, les lassants et répétitifs «mercis» et trop de blagues ou de sketches qui n’ont provoqué aucun rire.

Dans la colonne des «plus», je veux retenir la belle intervention de Niels Arestrup (meilleur second rôle), qui a cité Rainer Maria Rilke plutôt qu’ânonner un sempiternel remerciement, l’élégance du super césarisé Guillaume Gallienne, la spontanéité de Sandrine Kiberlain et l’émotion de Jean-Hugues Anglade qui évoquait Patrice Chéreau. Membre de l’Académie des arts et techniques du cinéma, je réserve mes reproches ou compliments pour notre prochaine réunion. Sait-on seulement que le conseil d’administration est composé de nombreux et talentueux artistes du cinéma ?

Costa-Gavras, Danièle Thompson, la meilleure chef opérateur du cinéma français Caroline Champetier, Jean-Loup Dabadie, Claude Lelouch, Tonie Marshall, la productrice Margaret Ménégoz, Jeanne Moreau, etc. Dans la gouvernance de l’Académie, on trouve les cinéastes, scénaristes, compositeurs qui ont reçu un oscar (Régis Wargnier, Gabriel Yared, Thomas Langmann, Francis Lai, Michel Legrand, etc.).

 

SAMEDI 1er MARS ET DIMANCHE 2 MARS

La réaction de Poutine aux événements de Kiev, sa démonstration de force en Crimée, le vent glacé d’un retour aux pires heures de ce qu’on appelait «la guerre froide», vient balayer le reste de l’actualité. Les jours – et les semaines, vraisemblablement – qui vont suivre sont assez chargés d’interrogations pour ne pas faire le juge ou le prophète.

S’il s’agit d’une partie de poker, il faudrait savoir si le joueur Poutine a déjà «fait tapis» ou s’il possède encore quelques cartes, face aux autres, c’est-à-dire une bonne partie du reste du monde.

Dans un premier temps, nous avons été nombreux à nous souvenir de la triste mais si réaliste phrase de Claude Cheysson, qui était ministre des Relations extérieures de François Mitterrand lors de l’instauration de l’état de siège en Pologne, en décembre 1981, par le sinistre Jaruzelski : «Naturellement, nous ne ferons rien.» Les temps ont changé – mais le dilemme reste le même : que fait-on face à la force brute, alliée à la ruse, à la certitude de l’action qui l’emporte sur les discours ?

 

LUNDI 3 MARS

Je note, avec retard, que lors de la parution du fameux guide rouge Michelin il y a quelques jours (fin février), parmi les nouveaux «étoilés» figure le «Loiseau des Ducs» de Dijon. Bien d’autres, à travers la France, ont été distingués, mais si je m’arrête à celui-ci, c’est pour saluer la singulière réussite du groupe Bernard Loiseau, dirigé par Dominique Loiseau.

Cette femme qui, du jour au lendemain, à la suite du suicide de son mari, ce grand chef, ce merveilleux personnage et ami qu’était Bernard, dut reprendre les rênes du Relais de Saulieu. Contre toute attente, non seulement elle a su maintenir son statut et sa qualité, mais elle a développé une entreprise qui aurait pu sombrer. Dominique Loiseau, bel exemple de pugnacité, volonté, endurance. César du courage, sans aucun doute.

 

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